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L’or tente de rebondir au-dessus de 4 100 $ après un plus bas de deux mois

Le cours de l’or tente de rebondir au-dessus de 4 100 dollars le 8 octobre 2026

Le cours de l’or tente de se stabiliser jeudi 8 octobre après avoir touché la veille son niveau le plus faible depuis le début du mois d’août. Le métal précieux reste confronté à deux forces opposées : la hausse des rendements obligataires et du dollar pèse sur son attractivité, tandis que les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques continuent d’entretenir une demande de protection.

L’or au comptant évoluait autour de 4 123 dollars l’once jeudi matin, en progression d’environ 0,3 %. Les contrats à terme américains pour livraison en décembre se situaient pour leur part autour de 4 148 dollars.

Ce léger rebond intervient après plusieurs séances difficiles. Le marché doit désormais déterminer si la zone des 4 100 dollars peut servir de support ou si le renforcement du dollar et la perspective de nouvelles hausses de taux de la Réserve fédérale ouvriront la voie à une correction plus profonde.

La publication des minutes de la réunion de septembre de la Fed a renforcé l’importance de cette question. Les responsables de la banque centrale restent préoccupés par une inflation supérieure à leur objectif, même si leurs opinions divergent sur la vitesse à laquelle les taux doivent encore augmenter.

L’or défend la zone des 4 100 $ après son recul

Le mouvement de jeudi représente pour l’instant davantage une stabilisation qu’un retournement clairement établi.

L’or avait atteint mercredi son niveau le plus bas depuis le 5 août, sous l’effet combiné d’un dollar plus ferme et de rendements obligataires américains élevés. Ces deux facteurs constituent généralement des obstacles importants pour le métal précieux.

Contrairement à une obligation ou à un dépôt rémunéré, l’or ne verse aucun intérêt. Lorsque les rendements proposés par les actifs américains augmentent, le coût d’opportunité associé à la détention du métal devient donc plus important.

Le niveau de 4 100 dollars prend dans ce contexte une importance particulière à court terme. Le maintien au-dessus de cette région préserverait la possibilité d’un rebond vers les niveaux supérieurs récemment abandonnés.

Une cassure durable sous ce seuil modifierait en revanche la structure immédiate du marché et pourrait replacer la zone des 4 000 dollars au centre de l’attention.

Entre les deux, l’or reste dans une phase où la confirmation compte davantage que les variations observées pendant quelques heures. Une progression ponctuelle au-dessus de 4 100 dollars ne suffit pas à montrer que la correction récente est terminée.

Les minutes de la Fed maintiennent la pression sur les métaux précieux

Le principal facteur monétaire de la séance provient des minutes de la réunion des 15 et 16 septembre de la Réserve fédérale.

Lors de cette réunion, le Federal Open Market Committee avait décidé à l’unanimité d’augmenter son taux directeur de 25 points de base, pour le porter dans une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %.

Les minutes publiées mercredi montrent toutefois que l’accord sur la décision ne signifie pas que tous les responsables partagent exactement la même analyse de l’inflation.

Une partie des participants considérait qu’une politique plus restrictive constituait une assurance contre le risque que l’inflation reste durablement supérieure à l’objectif de 2 %, notamment en raison d’une demande plus forte que prévu ou de nouveaux chocs d’offre.

D’autres responsables estimaient qu’un niveau de taux plus élevé était directement nécessaire au regard de leurs perspectives économiques, tandis que certains se préoccupaient du risque que les tensions sur l’énergie et d’autres secteurs finissent par se transmettre plus largement aux prix.

Cette distinction est importante pour l’or.

Si les taux restent élevés plus longtemps ou augmentent encore, le métal doit rivaliser avec des actifs offrant des rendements plus importants. À l’inverse, une diminution des anticipations de resserrement monétaire réduirait une partie de cette pression.

Une nouvelle hausse de taux reste possible avant la fin de l’année

Les minutes de septembre ne montrent pas une volonté unanime d’enchaîner rapidement les hausses de taux. Elles indiquent cependant que la majorité des participants jugeait probablement appropriée une nouvelle augmentation avant la fin de 2026.

Le marché distingue désormais les deux dernières réunions de l’année.

Les investisseurs accordaient jeudi une probabilité relativement faible à une nouvelle hausse lors de la réunion des 27 et 28 octobre. En revanche, les anticipations sont beaucoup plus élevées pour la réunion de décembre.

Cette différence crée une situation particulière pour l’or. Une pause en octobre ne signifierait pas nécessairement la fin du cycle de resserrement.

Les données d’inflation, d’emploi et d’activité publiées au cours des prochaines semaines pourraient donc modifier rapidement les anticipations concernant décembre.

Pour le métal précieux, ce n’est pas uniquement la décision finale de la Fed qui compte. L’évolution attendue des taux influence déjà le dollar, les obligations américaines et, par conséquent, le coût d’opportunité de l’or.

Les rendements du Trésor renforcent la concurrence avec l’or

Les rendements obligataires américains restent particulièrement élevés en octobre.

Le rendement du Treasury à dix ans évolue au-dessus de 5 %, après plusieurs séances marquées par des niveaux rarement observés ces dernières années. Cette situation augmente la concurrence entre l’or et les actifs américains rémunérés.

Lorsque les obligations offrent des rendements élevés, les investisseurs disposent d’une alternative capable de générer un revenu régulier sans dépendre exclusivement d’une appréciation du prix.

L’or fonctionne différemment. Son rendement dépend principalement de l’évolution de sa valeur sur le marché.

Cette relation n’est toutefois pas mécanique. Le métal peut progresser parallèlement aux rendements lorsque la demande de protection contre les risques financiers, géopolitiques ou inflationnistes devient suffisamment forte.

La séance du 8 octobre illustre précisément cette opposition. Les rendements élevés constituent un frein, mais ils évoluent dans un environnement où les inquiétudes concernant l’inflation, la dette et les tensions géopolitiques restent présentes.

Le dollar constitue un deuxième obstacle pour le cours de l’or

La vigueur du dollar ajoute une autre difficulté.

Le billet vert reste soutenu par les rendements américains et par les anticipations d’une politique monétaire toujours restrictive. Le dollar bénéficie également d’une demande défensive alors que plusieurs marchés obligataires internationaux connaissent une volatilité importante.

Pour l’or, cette évolution compte parce que le métal est principalement coté en dollars.

Une appréciation de la devise américaine augmente mécaniquement son coût pour certains acheteurs utilisant d’autres monnaies, ce qui peut limiter la demande.

Le dollar et les rendements obligataires exercent ainsi actuellement une pression simultanée.

Cette combinaison aide à expliquer pourquoi le métal n’a pas immédiatement bénéficié de l’ensemble des risques géopolitiques présents sur les marchés.

Pour que le rebond gagne en solidité, les investisseurs devront notamment observer si l’or parvient à progresser malgré ces deux obstacles ou si un nouveau renforcement du dollar provoque une nouvelle tentative de cassure des 4 100 dollars.

Les tensions autour d’Hormuz soutiennent malgré tout la demande défensive

La politique monétaire n’est pas le seul élément qui influence le marché de l’or.

Les tensions au Moyen-Orient restent importantes, notamment autour du détroit d’Hormuz. Le nombre de navires traversant cette route stratégique est récemment tombé à son niveau le plus faible depuis plus de deux mois, après une augmentation des attaques contre des pétroliers.

Cette situation affecte directement le marché énergétique.

Une perturbation prolongée du transport du pétrole peut maintenir les prix de l’énergie à des niveaux élevés et renforcer les pressions inflationnistes mondiales.

Pour l’or, les conséquences peuvent être contradictoires.

Une augmentation des risques géopolitiques peut soutenir la demande pour les actifs considérés comme défensifs. Mais une hausse persistante du pétrole peut également alimenter l’inflation et pousser les banques centrales à conserver des taux plus élevés.

L’or peut donc bénéficier du risque géopolitique tout en subissant indirectement les conséquences monétaires de ce même risque.

Cette interaction contribue à expliquer la volatilité actuelle du métal.

La Fed surveille également l’impact des prix de l’énergie

Les minutes de septembre montrent que les responsables de la Réserve fédérale accordent eux aussi une attention particulière aux tensions énergétiques.

Au moment de la réunion, l’inflation restait supérieure à l’objectif de 2 % de la banque centrale. Les responsables ont notamment évoqué les risques associés à de nouveaux chocs d’offre et à la possibilité que certaines augmentations sectorielles des prix deviennent plus persistantes.

Le problème pour la Fed consiste à déterminer si les pressions provenant de l’énergie restent temporaires ou si elles commencent à affecter plus largement les prix et la demande.

Cette distinction peut avoir des conséquences importantes pour le cours de l’or.

Si la Fed considère que la hausse de l’énergie nécessite une politique plus restrictive, les rendements pourraient rester élevés et continuer de peser sur le métal.

Si les pressions se révèlent temporaires et que l’inflation sous-jacente ralentit, les anticipations de hausse des taux pourraient au contraire diminuer.

Le prochain mouvement important de l’or dépend donc en partie de données économiques qui permettront de départager ces deux scénarios.

4 100 $ devient le premier niveau à surveiller

À court terme, la zone des 4 100 dollars constitue la référence la plus immédiate.

Le métal est revenu légèrement au-dessus de ce seuil jeudi après son plus bas de deux mois enregistré la veille. Tant que cette région tient, le marché conserve la possibilité d’un rebond plus important.

Un maintien au-dessus de 4 100 dollars pourrait replacer progressivement la région des 4 200 dollars dans le champ des acheteurs.

Cette progression ne serait cependant pas automatique. Le cours devrait d’abord montrer qu’il peut absorber la pression provenant du dollar et des rendements obligataires.

À l’inverse, une cassure durable sous 4 100 dollars augmenterait le risque d’un mouvement vers 4 000 dollars.

La différence entre une brève incursion sous un support et une cassure confirmée reste essentielle. Une séance volatile peut entraîner le prix sous un niveau technique sans nécessairement produire une nouvelle tendance.

La réaction du marché autour de 4 100 dollars doit donc être observée sur plusieurs périodes plutôt qu’à partir d’un mouvement intrajournalier isolé.

Les achats des banques centrales restent un soutien de fond

Les pressions de court terme n’effacent pas certains facteurs structurels favorables au marché de l’or.

Les achats des banques centrales restent notamment suivis de près. La Banque populaire de Chine a encore augmenté ses réserves d’or en septembre, prolongeant l’intérêt institutionnel pour le métal.

Ces achats ne garantissent pas une progression continue du cours.

Ils peuvent toutefois fournir une source de demande différente de celle des traders qui réagissent quotidiennement aux rendements obligataires ou aux anticipations de taux.

Cette distinction entre facteurs de court et de long terme est particulièrement importante dans la configuration actuelle.

Le dollar et les rendements peuvent déterminer les mouvements immédiats, tandis que les achats institutionnels, les risques géopolitiques et les inquiétudes concernant les finances publiques peuvent continuer à soutenir la demande sur des horizons plus longs.

L’évolution de l’or dépend donc actuellement de forces qui n’agissent pas toutes dans la même direction.

L’argent recule tandis que le platine et le palladium progressent

Les autres métaux précieux ne suivent pas exactement le même mouvement.

L’argent reculait d’environ 2,2 % jeudi, autour de 58,85 dollars l’once. Cette baisse plus marquée montre que l’ensemble du complexe des métaux précieux ne bénéficie pas uniformément de la tentative de stabilisation de l’or.

Le platine progressait en revanche d’environ 1,6 %, tandis que le palladium avançait d’environ 0,8 %.

Ces différences rappellent que chaque métal répond également à ses propres dynamiques d’offre, de demande industrielle et de positionnement.

La légère progression de l’or ne peut donc pas être interprétée comme un mouvement généralisé de reprise sur tous les métaux précieux.

Le scénario haussier dépend d’un maintien au-dessus de 4 100 $

La première condition pour améliorer le scénario de court terme reste désormais la défense de la zone des 4 100 dollars.

Un maintien durable au-dessus de ce seuil, accompagné d’un ralentissement du dollar ou des rendements américains, renforcerait la possibilité d’une récupération vers 4 200 dollars.

Une telle progression aurait davantage de poids si elle intervenait parallèlement à une réduction des anticipations de hausse des taux de la Fed.

Le scénario baissier reste cependant ouvert.

Une cassure confirmée de 4 100 dollars, surtout si elle accompagne une nouvelle hausse des rendements et du dollar, augmenterait le risque d’un test de la zone psychologique des 4 000 dollars.

Les prochaines données américaines joueront donc un rôle central pour départager ces scénarios.

L’or reste partagé entre risque géopolitique et taux élevés

L’or aborde le 8 octobre dans une configuration différente de celle observée pendant sa précédente phase de hausse.

Le métal reste soutenu par un environnement géopolitique tendu et par une demande de protection qui n’a pas disparu. Les perturbations autour du détroit d’Hormuz et leurs conséquences potentielles sur l’énergie entretiennent notamment les risques inflationnistes.

Dans le même temps, la politique monétaire américaine constitue un obstacle plus important.

La Fed a relevé son taux directeur en septembre et la majorité de ses responsables considérait alors qu’une nouvelle hausse pourrait être appropriée avant la fin de l’année. Le dollar et les rendements obligataires restent par conséquent à des niveaux susceptibles de limiter l’attractivité de l’or.

La zone des 4 100 dollars devient ainsi le premier test immédiat.

Sa défense laisserait ouverte une reprise vers 4 200 dollars, tandis qu’une cassure durable déplacerait l’attention vers 4 000 dollars.

Pour l’instant, le rebond observé jeudi montre que des acheteurs restent présents après le plus bas de deux mois. Il ne confirme toutefois pas encore que la correction est terminée. Les prochaines données économiques, l’évolution des rendements et les attentes concernant la réunion de décembre de la Fed détermineront si les 4 100 dollars deviennent un véritable support ou simplement une étape dans un mouvement plus large.

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