Written by • 11:18 am• Articles Quotidiens

Chainlink relie les banques au registre blockchain de Swift

Chainlink connecte les banques au registre blockchain Swift

Chainlink a annoncé un nouveau cadre permettant aux institutions financières de connecter leurs systèmes au registre blockchain de Swift tout en conservant le contrôle des clés utilisées pour signer leurs transactions. Présentée le 28 septembre, l’intégration repose sur la plateforme de Chainlink et son Chainlink Runtime Environment, ou CRE, qui coordonne les flux entre les infrastructures bancaires existantes et le registre partagé de Swift.

Le dispositif repose sur un modèle d’auto-signature. Les banques gardent leurs propres clés d’autorisation, tandis que CRE orchestre les opérations nécessaires pour lire et écrire sur le registre. Selon Chainlink, cette architecture doit permettre aux établissements de conserver leurs procédures d’approbation, leurs contrôles de sécurité et leurs modèles opérationnels lorsqu’ils adoptent des services de paiement utilisant des dépôts tokenisés.

CRE coordonne les interactions sans détenir les clés

Dans le cadre annoncé, CRE se place entre l’infrastructure d’une institution financière et le registre Swift. Il agit comme couche de workflow, mais ne prend pas le contrôle des clés servant à autoriser les transactions. Chaque banque continue donc de signer elle-même ses opérations.

Cette organisation donne aux institutions un moyen d’accéder au système blockchain de Swift sans transférer leur autorité de signature à Chainlink. Elles peuvent continuer d’utiliser leurs processus internes de gouvernance et de validation lorsqu’une transaction doit être autorisée.

Les banques peuvent également utiliser cette connexion pour gérer des activités liées aux smart contracts entre leurs propres registres de dépôts tokenisés et l’infrastructure blockchain de Swift. Les dépôts restent inscrits sur des registres détenus par les banques, tandis que Swift coordonne les engagements de paiement entre les établissements participants avant le règlement final.

Sergey Nazarov, directeur général de Chainlink Labs, a déclaré que l’entreprise était ravie de soutenir le registre Swift alors que les banques recherchent des technologies adaptées aux dépôts tokenisés et à la connectivité entre registres. Chainlink n’a toutefois communiqué aucun calendrier d’adoption par établissement et n’a pas indiqué laquelle des banques pilotes de Swift utiliserait CRE en premier.

Une collaboration qui prolonge des travaux antérieurs

Cette nouvelle étape prolonge une relation entre Chainlink et Swift consacrée depuis plusieurs années à l’interopérabilité blockchain pour les institutions financières. Les travaux précédents ont notamment étudié comment les établissements pouvaient utiliser leur infrastructure Swift existante parallèlement à des réseaux blockchain.

Swift reste l’opérateur de ce registre. Dans sa mise à jour de mars, l’organisation indiquait que les banques exploiteraient leurs propres environnements et conserveraient l’autorité sur leurs clés, leurs actifs et leur financement. Le règlement peut toujours intervenir par l’intermédiaire de systèmes de règlement brut en temps réel, de relations de correspondance bancaire ou d’autres mécanismes convenus entre les participants.

Le registre utilise des dépôts bancaires tokenisés

Le registre blockchain de Swift est conçu pour coordonner des paiements transfrontaliers disponibles 24 heures sur 24 et sept jours sur sept à partir de dépôts tokenisés de banques commerciales.

Ces jetons représentent des dépôts qui restent inscrits au bilan et sur le registre de la banque émettrice. Le système partagé de Swift enregistre et valide les engagements de paiement entre les établissements. Les transactions peuvent ainsi progresser en dehors des horaires bancaires habituels, tandis que le règlement final continue de s’effectuer sur l’infrastructure financière existante.

Swift souligne que ce registre blockchain ne remplace pas son rôle de réseau mondial de messagerie financière. L’orchestration du paiement intervient avant le règlement, alors que le transfert final des fonds reste effectué au moyen des systèmes convenus entre les participants. Chainlink a repris cette distinction dans son annonce du 28 septembre.

La première version du registre utilise donc des dépôts tokenisés émis par les banques plutôt qu’un actif public en cryptomonnaie servant de passerelle. L’argent représenté demeure ainsi dans les bilans des banques commerciales. Les dépôts tokenisés restent des créances sur la banque commerciale qui les émet, même lorsqu’ils sont représentés numériquement sur une infrastructure blockchain.

Une architecture compatible avec l’EVM

Swift avait indiqué en mars que la première version de son registre reposait sur une architecture compatible avec l’Ethereum Virtual Machine et basée sur Hyperledger Besu, une plateforme blockchain d’entreprise open source.

Swift exploite le registre et coordonne les processus interbancaires, notamment la validation des engagements de financement. Cette architecture fournit l’environnement partagé dans lequel les institutions participantes peuvent coordonner leurs opérations tout en maintenant leurs propres responsabilités sur les actifs et les autorisations.

L’intégration annoncée par Chainlink vient ajouter une couche d’accès à cette infrastructure. CRE doit coordonner les interactions entre les systèmes des établissements et le registre, sans modifier le principe selon lequel chaque institution conserve ses clés de signature.

Dix-sept banques préparent des transactions pilotes

En juillet, Swift a annoncé que 17 banques réparties sur six continents préparaient leurs premières transactions en conditions réelles utilisant des dépôts tokenisés. Le projet était alors passé du concept à l’activation en neuf mois.

Le groupe initial comprend ANZ, BNP Paribas, BNY, Citi, DBS, First Abu Dhabi Bank, FirstRand Bank, HSBC, Itaú Unibanco, Lloyds Bank, Mashreq, MUFG Bank, OCBC, Standard Chartered, UBS, UOB et Wells Fargo.

Ces pilotes doivent tester des paiements capables de fonctionner pendant la nuit et les week-ends avant que le règlement final ne soit effectué au moyen des systèmes existants. Swift a également indiqué que des institutions issues de plus de 40 entreprises financières avaient contribué à la conception du registre pendant son développement.

HSBC a déclaré prévoir de connecter son Tokenised Deposit Service à l’infrastructure partagée. Standard Chartered, UBS et UOB ont séparément présenté leur participation comme des travaux portant sur les paiements tokenisés, l’interopérabilité et les mouvements d’argent disponibles en permanence.

Le réseau Swift conserve une portée beaucoup plus large

Swift indiquait en juillet que son réseau existant connectait déjà plus de 11 500 institutions financières et entreprises dans plus de 200 marchés. Selon la coopérative, son infrastructure transfère un montant équivalent au produit intérieur brut mondial environ tous les deux à trois jours.

La nouvelle couche d’accès proposée par Chainlink ne signifie cependant pas que l’ensemble de ces institutions migrent vers le registre blockchain. L’annonce du 28 septembre décrit une option de connexion destinée aux établissements qui souhaitent accéder à cette infrastructure.

Le déploiement contrôlé de Swift reste actuellement centré sur les premières banques participantes. Aucun élément de l’annonce de Chainlink ne permet donc de conclure que les plus de 11 500 institutions du réseau Swift utiliseront CRE ou le nouveau registre.

Swift prévoit une expansion après le lancement contrôlé

Swift a déclaré en juillet que son registre blockchain était prêt pour une première utilisation et que ses fonctionnalités ainsi que sa disponibilité seraient étendues après la phase de lancement contrôlé. Les premiers établissements participants préparent des transactions en direct utilisant des dépôts tokenisés dans plusieurs cas d’usage.

Les documents de mise en œuvre précédents identifiaient les paiements d’entreprise et de trésorerie comme l’un des premiers domaines ciblés. À terme, Swift a indiqué que le système pourrait prendre en charge des flux de paiements d’entreprise programmables, des opérations de change reposant sur le principe paiement contre paiement et des mouvements de trésorerie associés aux transactions sur titres.

Ces possibilités correspondent à des orientations envisagées pour le développement du système. Elles ne signifient pas que toutes ces fonctions sont déjà déployées dans le cadre des pilotes actuels.

Du prototype au MVP en quelques mois

Le projet a progressé rapidement depuis son annonce par Swift lors de Sibos en septembre 2025. À l’origine, plus de 30 institutions financières ainsi que Consensys participaient aux travaux consacrés au prototype du registre.

En mars 2026, Swift avait terminé la phase de conception et était passé à la mise en œuvre d’un produit minimum viable, ou MVP. Plus de 40 institutions avaient alors contribué au projet.

Swift expliquait que ce MVP devait permettre aux banques participantes d’effectuer en permanence des transactions réelles à partir de dépôts tokenisés, tout en maintenant un enregistrement synchronisé des obligations au fur et à mesure de leur progression.

L’environnement fournit ainsi aux banques un espace pour tester leurs workflows de paiement tout en continuant d’utiliser leurs processus de conformité et leurs dispositifs de règlement existants. Le modèle vise donc à ajouter une infrastructure partagée sans exiger l’abandon des mécanismes bancaires déjà utilisés pour les étapes finales.

Chainlink ajoute une voie d’accès au registre Swift

La mise à jour de juillet a fait entrer le projet dans sa phase d’utilisation initiale, avec 17 institutions préparant des pilotes en direct. Swift prévoit d’élargir progressivement, à terme, les fonctionnalités et la disponibilité du registre après cette phase contrôlée, à mesure que les banques participantes mettent en service leurs transactions fondées sur des dépôts tokenisés.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le nouveau cadre de Chainlink. CRE fournit une méthode permettant de relier les systèmes existants d’une institution et son infrastructure de signature au registre partagé, tout en laissant les clés sous le contrôle de la banque.

Le modèle combine ainsi trois responsabilités distinctes. Les banques conservent l’autorisation de leurs transactions et leurs processus internes, Chainlink coordonne les workflows nécessaires à l’interaction avec le registre, et Swift continue d’exploiter l’infrastructure partagée qui organise les engagements de paiement.

Le règlement final demeure effectué par les mécanismes convenus entre les participants. Le registre ne remplace donc ni les dépôts bancaires par un actif public ni les systèmes existants de règlement final.

Pour l’instant, Chainlink n’a donné ni calendrier détaillé pour l’adoption de CRE par les banques ni identité du premier établissement pilote qui utilisera cette connexion. L’annonce établit avant tout un cadre d’accès supplémentaire alors que Swift poursuit son déploiement contrôlé avec les 17 banques déjà engagées dans la préparation de transactions en direct.

Visited 6 times, 6 visit(s) today
↑
Close