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Kraken se rapproche de la banque traditionnelle avec le rachat de Saldo Bank en Europe

Kraken et Payward rachètent Saldo Bank en Europe pour développer des services bancaires et crypto

La frontière entre banques traditionnelles et plateformes de cryptomonnaies devient encore plus étroite.

Payward, la maison mère de Kraken, a conclu un accord pour acquérir Saldo Bank, une banque lituanienne disposant d’un agrément bancaire dans l’Union européenne.

L’opération annoncée ce mercredi 14 octobre doit permettre au groupe de développer des services jusqu’ici principalement associés aux établissements bancaires classiques : crédit, dépôts, paiements et émission de cartes.

Le prix de l’acquisition n’a pas été communiqué et la transaction reste soumise à l’approbation des autorités réglementaires. Sa finalisation est attendue en 2027.

L’enjeu dépasse cependant le simple rachat d’une banque relativement petite.

Payward veut progressivement réunir espèces, cryptomonnaies, actions tokenisées, paiements et crédit sur une même infrastructure financière.

L’acquisition de Saldo Bank représente donc une nouvelle étape dans la transformation de Kraken : d’une plateforme principalement connue pour le trading de cryptomonnaies vers un groupe financier beaucoup plus large.

Payward va acquérir une banque agréée dans l’Union européenne

Saldo Bank est basée en Lituanie et dispose d’une licence bancaire européenne depuis 2021.

L’établissement propose notamment des prêts aux particuliers et aux entreprises ainsi que des dépôts à terme.

En l’acquérant, Payward obtient potentiellement un accès beaucoup plus direct à des activités bancaires réglementées.

La différence est importante.

Une plateforme crypto peut proposer des services de trading, de conservation ou de paiement sous différentes licences.

Une banque possède une infrastructure réglementaire beaucoup plus large lui permettant notamment de collecter des dépôts et d’accorder directement des crédits.

Pour Kraken, intégrer cette capacité pourrait profondément modifier son modèle économique européen.

Kraken veut proposer davantage que du trading crypto

Le groupe ne cache plus son ambition.

Ses utilisateurs demandent progressivement des services similaires à ceux proposés par leurs banques.

Cela signifie pouvoir conserver de l’argent, effectuer des paiements, utiliser une carte ou obtenir un crédit sans devoir transférer constamment des fonds entre plusieurs institutions.

Kraken cherche donc à réduire cette fragmentation.

L’objectif de Payward est de construire une infrastructure dans laquelle plusieurs catégories d’actifs peuvent fonctionner ensemble.

Un utilisateur pourrait conserver des euros, des cryptomonnaies ou des actifs tokenisés sur une même plateforme tout en utilisant ces avoirs pour accéder à d’autres services financiers.

Le modèle commence à ressembler beaucoup plus à celui d’une banque numérique qu’à celui d’une simple plateforme d’échange.

Espèces, crypto et actions tokenisées sur une même infrastructure

L’une des ambitions les plus importantes concerne l’intégration des différentes catégories d’actifs.

Aujourd’hui, le système financier reste largement fragmenté.

Un investisseur peut posséder des cryptomonnaies sur une plateforme, des actions chez un courtier et de l’argent auprès d’une banque.

Chaque environnement dispose de ses propres systèmes de règlement, de conservation et de transfert.

Payward veut progressivement réunir ces infrastructures.

Le groupe développe déjà des activités dans le trading, les paiements, la conservation, le crédit et les actifs tokenisés.

L’acquisition d’une banque européenne ajoute une nouvelle composante essentielle à cet écosystème.

Les utilisateurs pourraient emprunter sans vendre leurs actifs

L’un des modèles envisagés consiste à permettre aux clients d’utiliser leurs actifs comme garantie.

Un investisseur possédant des cryptomonnaies ou d’autres instruments pourrait ainsi obtenir un crédit sans nécessairement vendre ses positions.

Le principe existe déjà dans plusieurs segments de la finance traditionnelle.

Un portefeuille d’actions ou d’obligations peut servir de garantie pour obtenir un financement.

Les plateformes crypto cherchent maintenant à appliquer le même fonctionnement aux actifs numériques.

Pour l’utilisateur, l’intérêt potentiel est évident : obtenir des liquidités tout en conservant son exposition à un actif.

Mais ce modèle comporte également des risques.

Si la valeur de la garantie chute fortement, l’emprunteur peut devoir apporter davantage de capital ou voir ses positions liquidées.

L’acquisition marque une première en Europe

L’opération possède également une dimension symbolique.

Payward deviendrait le premier groupe spécialisé dans les actifs numériques à acheter directement une banque européenne.

Jusqu’à présent, la plupart des grandes plateformes crypto cherchaient surtout à obtenir des licences leur permettant d’exercer certaines activités financières.

Acquérir une banque constitue une stratégie différente.

Au lieu de construire progressivement l’ensemble de l’infrastructure réglementaire nécessaire, le groupe achète une institution qui possède déjà une licence et des activités opérationnelles.

Cette stratégie peut accélérer considérablement le développement.

Elle permet aussi d’intégrer une expertise réglementaire et bancaire qui prendrait plusieurs années à construire en interne.

La Lituanie devient une porte d’entrée stratégique

Le choix de la Lituanie n’est pas anodin.

Le pays s’est imposé au cours des dernières années comme l’un des centres européens importants pour les fintechs.

Plusieurs établissements financiers numériques y ont obtenu des licences.

La Lituanie fait partie de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, ce qui lui donne une position stratégique pour les groupes cherchant à développer des services financiers sur le continent.

Kraken s’intéressait déjà depuis plusieurs mois à une licence bancaire lituanienne.

L’acquisition de Saldo Bank offre désormais une voie plus directe.

Au lieu de partir entièrement de zéro, Payward peut intégrer une institution déjà réglementée.

Saldo Bank possède une licence depuis 2021

Saldo Bank a obtenu son agrément bancaire européen en 2021.

L’établissement fournit actuellement des crédits aux particuliers et aux entreprises ainsi que des produits de dépôt.

Cette activité peut sembler éloignée du trading de Bitcoin ou d’Ethereum.

C’est précisément ce qui rend l’acquisition intéressante.

Payward ne cherche pas simplement à ajouter une nouvelle plateforme crypto.

Le groupe achète une infrastructure capable d’opérer dans la finance traditionnelle.

Les compétences de Saldo Bank en matière de crédit, dépôts et conformité peuvent ensuite être combinées avec les infrastructures technologiques de Payward.

La transaction doit encore recevoir les autorisations réglementaires

L’acquisition n’est toutefois pas encore définitive.

Elle reste soumise à plusieurs approbations réglementaires.

La finalisation est attendue en 2027.

Les autorités devront notamment évaluer la structure du nouvel actionnariat, la gouvernance, les contrôles de conformité et la capacité du groupe à gérer les risques bancaires.

Cette étape sera particulièrement importante.

Les banques sont soumises à des règles beaucoup plus strictes que de nombreuses entreprises technologiques.

Elles doivent respecter des exigences concernant le capital, la liquidité, la lutte contre le blanchiment et la protection des déposants.

Entrer dans la banque signifie donc accepter un niveau de surveillance réglementaire supérieur.

Le prix du rachat reste confidentiel

Payward n’a pas communiqué le montant payé pour Saldo Bank.

Cette absence d’information rend difficile l’évaluation financière immédiate de l’opération.

Mais la valeur stratégique d’une banque ne dépend pas uniquement de ses revenus actuels.

Une licence bancaire européenne peut elle-même représenter un actif important.

Obtenir un nouvel agrément peut nécessiter plusieurs années de préparation, de procédures réglementaires et d’investissements.

Pour une entreprise cherchant à accélérer son expansion, acquérir une structure existante peut donc être plus efficace que développer une banque entièrement nouvelle.

Payward multiplie déjà les acquisitions

Le rachat de Saldo Bank ne constitue pas une initiative isolée.

Payward a accéléré sa stratégie d’acquisitions au cours des dernières années.

Le groupe cherche principalement des infrastructures, technologies et licences difficiles à reproduire rapidement.

Cette logique apparaît dans plusieurs transactions récentes.

Payward a notamment renforcé ses activités dans les produits dérivés, le trading traditionnel, les paiements et les portefeuilles numériques.

La stratégie consiste à intégrer progressivement plusieurs briques financières au sein d’une même organisation.

Saldo Bank ajoute désormais la banque traditionnelle à cette architecture.

Payward a généré 508 millions de dollars de revenus ajustés au deuxième trimestre

La diversification intervient alors que le groupe dispose déjà d’une activité importante.

Au deuxième trimestre 2026, Payward a généré 508 millions de dollars de revenus ajustés, soit une progression de 17 % sur un an.

L’EBITDA ajusté a atteint 23 millions de dollars.

Le volume total de transactions sur ses plateformes s’est établi à 310 milliards de dollars.

Les actifs présents sur la plateforme représentaient environ 40 milliards de dollars.

Ces chiffres montrent que le groupe possède désormais une taille suffisante pour financer une stratégie d’expansion beaucoup plus large que son activité historique d’échange de cryptomonnaies.

Les volumes crypto restent néanmoins cycliques

La diversification possède aussi une logique défensive.

Les revenus des plateformes crypto restent fortement dépendants de l’activité des marchés.

Lorsque Bitcoin, Ethereum et les autres actifs numériques connaissent de fortes périodes de volatilité, les volumes de trading peuvent augmenter rapidement.

Lorsque le marché devient plus calme, les commissions peuvent diminuer.

Payward cherche donc des sources de revenus moins directement dépendantes du trading.

Le crédit, les paiements, les cartes, la conservation institutionnelle et les services bancaires peuvent offrir des revenus plus diversifiés.

Cette transformation rapproche le groupe du modèle des grandes fintechs.

Kraken s’étend également dans les actions

Le groupe ne veut plus être défini uniquement par les cryptomonnaies.

Payward développe également des activités liées aux actions et aux produits dérivés traditionnels.

Cette stratégie reflète une tendance plus générale.

Les utilisateurs ne souhaitent pas nécessairement utiliser une application différente pour chaque catégorie d’actifs.

Une plateforme capable de proposer crypto, actions, produits dérivés, paiements et services bancaires peut augmenter considérablement la valeur de chaque client.

Elle peut aussi réduire sa dépendance à une seule classe d’actifs.

Pour Kraken, la banque représente donc une extension logique de cette stratégie multi-actifs.

Les actions tokenisées constituent une autre priorité

La tokenisation joue également un rôle central.

Payward travaille déjà sur des produits permettant de représenter des actifs financiers traditionnels sur des infrastructures blockchain.

Le groupe a notamment développé des activités autour des actions tokenisées.

Le principe consiste à créer une représentation numérique d’un actif traditionnel.

Cette structure peut permettre des transferts plus rapides, une disponibilité plus large et potentiellement des marchés fonctionnant au-delà des horaires boursiers classiques.

L’intégration d’une banque pourrait faciliter les connexions entre ces actifs tokenisés et les monnaies traditionnelles.

La frontière entre fintech et crypto disparaît progressivement

Pendant longtemps, les entreprises crypto et les fintechs ont suivi des trajectoires relativement distinctes.

Les premières se concentraient sur les actifs numériques.

Les secondes cherchaient principalement à moderniser les services bancaires traditionnels.

Cette séparation devient moins évidente.

Les plateformes crypto proposent désormais des cartes et des paiements.

Les banques développent des services de conservation d’actifs numériques.

Les fintechs explorent les stablecoins et la tokenisation.

L’acquisition de Saldo Bank par Payward illustre parfaitement cette convergence.

La question n’est plus seulement de savoir si les banques adopteront la crypto.

Il faut également se demander si certaines plateformes crypto deviendront elles-mêmes des banques.

Les banques traditionnelles voient cette évolution avec inquiétude

Cette transformation provoque déjà des tensions.

Aux États-Unis, plusieurs organisations bancaires critiquent l’expansion des entreprises crypto vers les activités financières traditionnelles.

Elles estiment que certains groupes peuvent proposer des services similaires à ceux des banques sans toujours supporter exactement les mêmes contraintes réglementaires.

Les entreprises crypto rejettent généralement cet argument.

Elles affirment vouloir fonctionner sous des cadres réglementaires clairs tout en utilisant des infrastructures technologiques plus modernes.

L’acquisition directe d’une banque européenne peut justement modifier ce débat.

Payward ne cherche plus seulement à opérer à côté du système bancaire.

Le groupe veut entrer directement à l’intérieur.

Les licences deviennent un avantage compétitif majeur

La réglementation est souvent présentée comme un obstacle pour l’industrie crypto.

Elle devient progressivement aussi un avantage concurrentiel.

Une entreprise disposant de nombreuses licences peut proposer davantage de services et entrer sur plus de marchés.

Payward affirme déjà disposer de plus de 100 licences et enregistrements à travers ses différentes activités.

Chaque nouvelle autorisation augmente la complexité réglementaire du groupe.

Mais elle crée aussi une barrière à l’entrée.

Un nouvel acteur peut développer rapidement une application.

Reproduire plusieurs dizaines de licences financières dans différents pays est beaucoup plus difficile.

Kraken dispose déjà d’une infrastructure MiCA en Europe

Kraken possède déjà une présence réglementée dans l’Union européenne.

Ses services crypto européens sont notamment opérés dans le cadre du règlement MiCA.

MiCA a créé un cadre commun pour les prestataires de services sur crypto-actifs dans l’Union.

Mais une licence MiCA n’est pas une licence bancaire.

Elle permet de proposer différentes activités liées aux actifs numériques sans nécessairement autoriser l’ensemble des services disponibles auprès d’une banque traditionnelle.

C’est ce qui rend Saldo Bank complémentaire.

L’acquisition ajouterait une couche bancaire à l’infrastructure crypto déjà réglementée de Kraken.

Les États-Unis suivent une trajectoire différente

Payward cherche également à renforcer son statut réglementaire aux États-Unis.

Le groupe a déposé cette année une demande auprès de l’Office of the Comptroller of the Currency pour créer une société nationale de trust.

Cette structure serait principalement consacrée à la conservation réglementée d’actifs numériques et à certains services fiduciaires.

Kraken Financial dispose également d’une infrastructure bancaire américaine.

Mais le cadre américain reste différent de celui de l’Union européenne.

Certaines licences permettent la conservation et le traitement de transactions sans autoriser la collecte classique de dépôts.

C’est précisément l’un des points qui alimente les tensions avec les banques traditionnelles.

Coinbase et Ripple avancent également vers le système bancaire

Kraken n’est pas seul dans cette stratégie.

D’autres grands groupes crypto cherchent eux aussi à obtenir davantage d’autorisations financières.

Coinbase et Ripple ont notamment obtenu des approbations conditionnelles liées à des chartes nationales de trust aux États-Unis.

La tendance dépasse donc une entreprise individuelle.

Les plus grandes sociétés crypto veulent progressivement intégrer les infrastructures financières réglementées.

Elles ne cherchent plus seulement à concurrencer les plateformes d’échange.

Elles commencent à concurrencer certains services proposés par les banques, courtiers et entreprises de paiement.

La bataille se déplace vers les paiements et le crédit

Le trading crypto reste important, mais il pourrait ne plus être le principal terrain de concurrence dans quelques années.

Les paiements représentent un marché beaucoup plus large.

Le crédit également.

Une plateforme disposant de millions de clients peut chercher à proposer des prêts, cartes, virements internationaux et solutions de paiement directement à cette base d’utilisateurs.

L’intégration des stablecoins peut encore réduire le coût de certaines transactions internationales.

Pour les banques traditionnelles, cette évolution représente une nouvelle forme de concurrence.

Leur avantage historique repose sur les licences, les dépôts et l’accès aux infrastructures de paiement.

Les groupes crypto cherchent précisément à acquérir ces capacités.

Les stablecoins accélèrent la convergence avec la banque

L’essor des stablecoins renforce cette dynamique.

Ces actifs numériques cherchent à conserver une valeur stable par rapport à une monnaie comme le dollar ou l’euro.

Ils peuvent être utilisés pour transférer de l’argent rapidement entre plateformes ou pays.

Pour une entreprise comme Payward, les stablecoins constituent un pont naturel entre crypto et finance traditionnelle.

Mais pour offrir une expérience complète, il faut aussi pouvoir gérer efficacement les monnaies classiques.

Une infrastructure bancaire facilite ces connexions.

Le client n’a plus nécessairement besoin de distinguer chaque étape technique.

Il voit simplement un compte capable de gérer plusieurs types d’actifs.

Le crédit garanti par crypto pourrait devenir un produit central

L’acquisition de Saldo Bank pourrait aussi accélérer le développement du crédit garanti par actifs numériques.

Un client possédant un portefeuille important pourrait utiliser une partie de ses avoirs comme garantie.

Cela lui permettrait d’obtenir des liquidités sans vendre immédiatement ses positions.

Le modèle pourrait séduire des investisseurs souhaitant conserver leur exposition à long terme.

Mais il introduit une question essentielle : la volatilité.

Une garantie en Bitcoin peut perdre une part importante de sa valeur en quelques jours.

Les mécanismes de marge et de liquidation doivent donc être particulièrement robustes.

Le risque bancaire reste très différent du risque de trading

Devenir une banque ne signifie pas simplement ajouter de nouveaux produits à une application.

Le modèle de risque change.

Une banque doit gérer simultanément liquidité, crédit, capital, conformité et protection des dépôts.

Accorder un prêt nécessite d’évaluer la capacité de remboursement de l’emprunteur.

Accepter des dépôts nécessite de gérer les retraits potentiels.

Les autorités surveillent également la concentration des risques.

Pour Payward, intégrer Saldo Bank demandera donc davantage qu’une simple intégration technologique.

Il faudra également intégrer une culture bancaire réglementaire.

L’approbation des autorités sera le prochain test

La transaction devrait être finalisée en 2027 si elle obtient les autorisations nécessaires.

Cette étape sera désormais le principal élément à surveiller.

Les régulateurs devront déterminer si la nouvelle structure respecte les exigences européennes.

Ils examineront probablement la gouvernance, les mécanismes de contrôle et la séparation des différentes activités.

Une approbation ouvrirait une voie nouvelle pour d’autres groupes crypto.

D’autres plateformes pourraient décider qu’acheter une banque existante est plus rapide que développer leurs propres licences bancaires.

Un refus ou des conditions particulièrement strictes produiraient le signal inverse.

L’Europe pourrait devenir un laboratoire pour la banque crypto

L’Union européenne possède désormais un cadre relativement structuré pour les actifs numériques grâce à MiCA.

Elle dispose également d’un marché bancaire intégré.

La combinaison des deux peut créer un environnement particulièrement intéressant pour les groupes cherchant à fusionner finance traditionnelle et actifs numériques.

L’opération Payward-Saldo pourrait devenir un test important.

Si le modèle fonctionne, d’autres acteurs pourraient suivre.

La distinction entre plateforme crypto, courtier, fintech et banque pourrait alors devenir de moins en moins pertinente.

Les groupes seraient davantage différenciés par leurs services, leurs licences et leur infrastructure que par leur catégorie historique.

Kraken ne veut plus seulement concurrencer les plateformes crypto

L’annonce du 14 octobre révèle finalement une évolution beaucoup plus large de la stratégie de Kraken.

Payward ne cherche plus simplement à augmenter les volumes de trading sur une plateforme de cryptomonnaies.

Le groupe construit progressivement une infrastructure financière complète.

Saldo Bank apporte le crédit, les dépôts et une licence bancaire européenne.

Les autres activités du groupe apportent trading, dérivés, paiements, conservation et actifs tokenisés.

L’objectif consiste à faire fonctionner ces différentes composantes ensemble.

Si les régulateurs approuvent l’opération, la question principale en 2027 sera de savoir quels services Payward choisira de lancer en premier à partir de cette infrastructure.

Le crédit garanti par actifs, les cartes et les paiements constituent les pistes les plus évidentes.

Mais l’enjeu stratégique est plus important.

Pendant plusieurs années, l’industrie crypto a tenté de construire une alternative au système bancaire.

La nouvelle phase semble différente : ses plus grands acteurs cherchent désormais à acquérir directement les licences, infrastructures et institutions qui composent ce système.

Le rachat de Saldo Bank pourrait ainsi marquer un changement de cycle.

Kraken ne cherche plus uniquement à devenir une meilleure plateforme crypto.

Il cherche progressivement à devenir une nouvelle forme de groupe bancaire où euros, cryptomonnaies, crédit et actifs tokenisés peuvent circuler au sein d’un même écosystème.

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