Une fuite de pétrole provenant du pétrolier échoué Caroline Bezengi s’est étendue sur près de 400 kilomètres carrés au large d’Oman, faisant craindre des dommages aux écosystèmes marins situés près des îles Hallaniyat.
L’Autorité omanaise de l’environnement estime que la nappe couvre environ 390 kilomètres carrés, soit près de 150 miles carrés, et s’étend au nord-est des îles.
Le pétrole se trouverait à environ sept kilomètres de la côte.
Le tanker transporte près d’un million de barils de brut russe à destination de l’Asie.
Oman révèle pour la première fois l’ampleur de la pollution
Cette annonce constitue la première communication publique du gouvernement omanais sur l’impact environnemental de l’incident.
Les autorités ont indiqué qu’elles tentaient de lutter contre la fuite à proximité des îles Hallaniyat.
Cette zone bénéficie d’un statut de réserve naturelle créé par décret royal l’année dernière.
Elle abrite notamment des baleines à bosse de la mer d’Arabie et des cormorans de Socotra.
Les installations côtières ne seraient pas menacées
L’Autorité de l’environnement a indiqué qu’il n’existait actuellement aucune inquiétude concernant certaines infrastructures de la région.
Les usines de dessalement et les installations touristiques ne seraient pas menacées à ce stade.
Cette évaluation réduit le risque immédiat pour certains services essentiels.
Cependant, la proximité de la nappe avec la côte oblige les autorités à suivre attentivement son déplacement.
Greenpeace avait estimé la nappe à 600 km²
L’estimation officielle de 390 kilomètres carrés reste inférieure à celle publiée quelques jours plus tôt par Greenpeace.
L’organisation environnementale estimait la surface touchée à environ 600 kilomètres carrés sur la base d’images satellites.
Cette différence montre la difficulté de mesurer précisément une marée noire en mouvement.
Les courants, le vent et les conditions météorologiques peuvent modifier rapidement sa forme et son étendue.
Le risque augmente fortement si le pétrole atteint la côte
Tony Gutierrez, professeur de microbiologie environnementale et de biotechnologie à l’université Heriot-Watt d’Édimbourg, estime qu’un déversement de cette ampleur nécessite une intervention importante.
Selon lui, des avions pourraient être nécessaires pour pulvériser des dispersants.
Des barrages flottants et d’autres équipements devraient également être utilisés pour récupérer le pétrole.
L’objectif principal est d’éviter qu’il atteigne les eaux peu profondes ou les côtes.
Coraux, oiseaux et poissons pourraient être exposés
Si la nappe reste au large, les conséquences pourraient être moins importantes.
En revanche, une arrivée du pétrole près du littoral augmenterait les risques pour de nombreuses espèces.
Les coraux, les oiseaux et les poissons font partie des organismes potentiellement exposés.
Le pétrole peut contaminer directement les animaux, leur alimentation et leurs habitats.
Aucun bilan précis concernant les dommages causés à la faune n’a encore été communiqué.
La contamination peut durer des années
Gutierrez a également souligné que les conséquences d’une marée noire peuvent durer très longtemps.
Il a cité la catastrophe de l’Exxon Valdez en Alaska en 1989.
Des traces de pétrole avaient encore été observées plusieurs années après l’accident.
Cette persistance dépend notamment du type de pétrole, des conditions locales et de la quantité de brut atteignant les sédiments ou les zones côtières.
La fuite continuait de s’étendre fin juillet
Une analyse d’images satellites réalisée par Reuters avec l’aide de spécialistes du transport maritime a montré que la pollution provenant du tanker échoué continuait de s’étendre à la fin du mois dernier.
Le Caroline Bezengi mesure 274 mètres de long.
Tant qu’il reste immobilisé et que la fuite n’est pas totalement maîtrisée, le risque de nouvelle contamination demeure.
La source ne précise pas quelle quantité exacte de pétrole s’est déjà échappée du navire.
Près d’un million de barils de brut russe à bord
Le Caroline Bezengi avait chargé sa cargaison au port russe de Novorossiysk, sur la mer Noire, en avril.
Les données de suivi maritime montrent qu’il avait franchi le canal de Suez à la fin du mois de mai.
Il transportait près d’un million de barils de pétrole russe vers l’Asie.
Cette importante cargaison augmente les conséquences potentielles si la fuite devait se poursuivre.
Le navire appartient à la « flotte fantôme »
Le tanker est présenté comme faisant partie de la flotte dite fantôme utilisée pour transporter du pétrole russe.
Cette flotte comprend généralement des navires anciens opérant souvent sans couverture d’assurance occidentale.
Ils peuvent également changer de pavillon ou utiliser des structures de propriété difficiles à identifier.
Le Caroline Bezengi a été construit en 2001.
Il était enregistré dans certaines bases de données publiques sous pavillon camerounais.
Le navire a été retiré du registre camerounais
Le Caroline Bezengi faisait partie des 39 navires retirés du registre maritime du Cameroun en juin.
Ce changement ajoute une nouvelle complication concernant son statut juridique et administratif.
Les navires de la flotte fantôme peuvent utiliser différents pavillons au cours de leur exploitation.
Cela peut rendre plus complexe l’identification des responsabilités lorsqu’un accident ou une pollution importante se produit.
Plusieurs juridictions ont sanctionné le tanker
Le Caroline Bezengi fait l’objet de sanctions imposées par l’Union européenne, l’Ukraine, le Royaume-Uni, le Canada et la Suisse.
Selon les données de LSEG, son propriétaire enregistré est Rentoor Shipmanagement Ltd.
Son gestionnaire est Villar Shipmanagement Ltd.
Les deux sociétés semblent être basées en Chine.
Reuters n’a pas pu les joindre immédiatement pour obtenir un commentaire.
Le statut du navire complique la question de la responsabilité
Les sanctions et les structures de propriété peuvent compliquer les démarches liées aux assurances et aux coûts de nettoyage.
Lors d’une marée noire importante, les autorités cherchent normalement à déterminer qui doit financer les opérations de récupération et de restauration.
Le recours à des navires opérant en dehors des principaux systèmes d’assurance occidentaux peut rendre ce processus plus difficile.
La source ne précise pas encore qui assumera les coûts de l’intervention à Oman.
Une explosion aurait précédé l’échouement
Le Caroline Bezengi avait signalé des difficultés le 8 juin au large du Yémen.
Deux sources spécialisées dans la sécurité maritime ont indiqué que les premières évaluations faisaient état d’une explosion à bord.
Aucun groupe n’a revendiqué une attaque contre le navire.
La cause exacte de l’incident reste donc incertaine.
La source ne permet pas d’établir si l’explosion a été provoquée volontairement ou par un accident.
Aucun responsable d’une éventuelle attaque n’a été identifié
L’absence de revendication laisse ouverte la question de l’origine de l’incident.
Pour les autorités omanaises, la priorité actuelle reste toutefois environnementale.
La gestion de la marée noire doit se poursuivre indépendamment d’une éventuelle enquête sur l’explosion.
Si de nouvelles informations apparaissent sur la cause, elles pourraient également influencer les questions de responsabilité et d’indemnisation.
Les îles Hallaniyat représentent une zone sensible
La création récente d’une réserve naturelle autour des îles souligne leur importance écologique.
La présence de baleines à bosse de la mer d’Arabie et de cormorans de Socotra rend la région particulièrement sensible à une pollution pétrolière.
Les dommages environnementaux pourraient être plus importants si la nappe atteint les zones de reproduction ou d’alimentation de certaines espèces.
Pour le moment, aucune mortalité massive de faune n’a été confirmée dans les informations fournies.
La vitesse de l’intervention sera déterminante
La priorité consiste désormais à empêcher la nappe d’atteindre le littoral.
Les dispersants, les barrages flottants et les équipements de récupération peuvent réduire l’ampleur de la contamination.
Les conditions météorologiques et maritimes joueront également un rôle majeur.
Des courants défavorables pourraient rapprocher rapidement le pétrole de la côte.
À l’inverse, maintenir la majeure partie de la pollution au large pourrait limiter les dégâts.
Ce qu’il faut surveiller maintenant
Le premier élément sera l’évolution de la superficie de la nappe.
Les autorités surveilleront également sa distance par rapport aux îles et au littoral omanais.
Toute confirmation de dommages aux coraux, aux poissons, aux oiseaux ou aux mammifères marins augmenterait fortement la gravité environnementale du dossier.
La quantité de pétrole continuant à s’échapper du navire sera également déterminante.
Enfin, la question du financement du nettoyage pourrait devenir importante en raison des sanctions visant le tanker.
Conclusion
Oman estime qu’une marée noire provenant du Caroline Bezengi couvre désormais environ 390 kilomètres carrés près de la réserve naturelle des îles Hallaniyat.
Le pétrolier transporte près d’un million de barils de brut russe et appartient à la flotte dite fantôme utilisée pour les exportations russes.
Les autorités indiquent que les usines de dessalement et les installations touristiques ne sont pas actuellement menacées.
Le risque environnemental pourrait toutefois augmenter fortement si le pétrole atteint les eaux peu profondes ou le littoral.
Point clé final
La priorité absolue reste de contenir la nappe avant qu’elle atteigne les côtes et les habitats sensibles. L’ampleur définitive des dégâts dépendra de la capacité des autorités à stopper la fuite, récupérer le pétrole et protéger la réserve naturelle des îles Hallaniyat.