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Trump affirme que les États-Unis ont obtenu un “changement de régime” en Iran

Trump évoque un “changement de régime” en Iran

Donald Trump a déclaré le 17 juin, en marge du sommet du G7 en France, que les États-Unis avaient obtenu un “changement de régime” en Iran. Cette affirmation intervient alors que Washington et Téhéran se préparent à signer officiellement, en Suisse, un mémorandum d’entente destiné à mettre fin à la guerre, rouvrir le détroit de Hormuz et engager une nouvelle phase de négociations sur le programme nucléaire iranien.

Selon des responsables américains, l’accord-cadre prévoit l’arrêt des combats sur tous les fronts, y compris au Liban, la réouverture immédiate du détroit de Hormuz au trafic commercial et la fin du blocus naval américain contre l’Iran. Après la signature officielle, les deux parties s’engageraient à parvenir à un règlement final dans un délai de 60 jours. Ce règlement devrait inclure des limites au programme nucléaire iranien et une levée progressive des sanctions américaines, sous conditions.

Le président américain a toutefois adopté un ton très ferme. Il a averti que les États-Unis pourraient reprendre les opérations militaires si l’Iran ne respectait pas l’accord. Il a aussi rejeté les informations selon lesquelles Washington verserait directement 300 milliards de dollars à Téhéran, affirmant que les États-Unis ne donneraient pas d’argent à l’Iran.

Un accord-cadre présenté comme une percée diplomatique

Le mémorandum entre les États-Unis et l’Iran marque l’une des avancées diplomatiques les plus importantes entre les deux pays depuis des années. Il intervient après plusieurs mois de guerre, de perturbations maritimes, de frappes militaires et de négociations indirectes impliquant plusieurs médiateurs régionaux.

D’après les détails communiqués par des responsables américains, l’accord vise d’abord à stabiliser la situation militaire. L’arrêt des combats sur tous les fronts constitue la base du texte. Cela inclut non seulement le théâtre iranien direct, mais aussi le Liban, où les affrontements entre Israël et le Hezbollah restent un facteur de risque majeur.

Le deuxième pilier est maritime. La réouverture du détroit de Hormuz est essentielle pour les marchés mondiaux de l’énergie. Ce passage stratégique relie le Golfe aux eaux internationales et constitue l’une des routes les plus importantes pour le transport du pétrole.

Le troisième pilier concerne le nucléaire et les sanctions. Les deux parties auraient 60 jours pour parvenir à un règlement plus détaillé sur les limites du programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines.

Trump parle de “changement de régime”

La déclaration la plus marquante de Trump concerne le “changement de régime” en Iran. Interrogé au sommet du G7, le président américain a affirmé que plusieurs groupes de dirigeants iraniens avaient disparu et que le pays disposait désormais d’un nouveau leadership, qu’il a décrit comme plus intelligent et moins radicalisé.

Cette formulation est politiquement sensible. Dans la diplomatie américaine, l’expression “regime change” évoque généralement le renversement ou la transformation profonde d’un pouvoir politique. Trump semble l’utiliser ici pour revendiquer un affaiblissement majeur des anciennes structures dirigeantes iraniennes à la suite de la guerre et de la pression américaine.

Cette lecture pourrait renforcer son message intérieur : la stratégie militaire et diplomatique des États-Unis aurait, selon lui, contraint l’Iran à changer de comportement et à accepter un accord. Mais elle peut aussi compliquer la mise en œuvre diplomatique. Téhéran pourrait rejeter publiquement toute idée de changement imposé de l’extérieur, même si des évolutions internes ont effectivement eu lieu dans la structure de décision.

Une menace de reprise des frappes

Trump a aussi prévenu que l’accord restait préliminaire et que les États-Unis pourraient reprendre les bombardements si l’Iran ne se conformait pas aux engagements. Il a déclaré que si Téhéran ne “se comportait pas”, Washington pourrait revenir à l’action militaire.

Cette menace souligne la nature conditionnelle du mémorandum. L’accord n’est pas présenté comme une confiance sans réserve, mais comme un mécanisme soumis à vérification et à comportement. Pour les États-Unis, la pression militaire reste donc un levier de dissuasion.

Cette position peut rassurer les critiques de l’accord qui craignent une concession excessive à l’Iran. Mais elle maintient aussi un niveau de tension élevé. Un accord durable nécessite des mécanismes de vérification clairs, des canaux de communication fiables et une définition précise des violations pouvant entraîner une réponse militaire.

Sans ces éléments, le risque d’interprétation divergente restera élevé.

Le nucléaire reste au centre du processus

Les responsables américains ont indiqué que l’accord final attendu dans les 60 jours devra inclure des limites au programme nucléaire iranien. Un responsable a décrit le mémorandum comme un accord permettant d’ouvrir immédiatement Hormuz, de contraindre l’Iran à détruire son stock nucléaire et de donner aux États-Unis un levier de contrôle.

Le stock d’uranium enrichi de l’Iran reste l’un des sujets les plus sensibles. Avant les frappes américaines et israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes, l’Agence internationale de l’énergie atomique estimait que Téhéran possédait 440,9 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %. Ce niveau reste inférieur aux 90 % généralement associés à l’usage militaire, mais il se situe suffisamment haut pour nourrir les inquiétudes internationales.

Le sort de ce stock pourrait devenir le cœur des négociations. Parmi les options évoquées figure le stockage dans un pays tiers, avec le Kazakhstan mentionné comme possible dépositaire. Cette solution permettrait de retirer une partie du risque du territoire iranien tout en évitant une destruction immédiate politiquement difficile pour Téhéran.

Hormuz commence à rouvrir

Un autre développement important concerne les premières exportations iraniennes de brut en deux mois. Selon TankerTrackers.com, les premiers navires transportant du pétrole iranien ont quitté le détroit de Hormuz depuis l’imposition du blocus naval américain.

Cette reprise est un signal opérationnel important. Les marchés ne se contentent pas d’annonces politiques ; ils observent le mouvement réel des tankers, les données satellitaires, les coûts d’assurance et les flux commerciaux. Si les cargaisons iraniennes recommencent à circuler, cela pourrait confirmer que la désescalade produit déjà des effets concrets.

La réouverture de Hormuz pourrait également réduire la prime de risque géopolitique sur le pétrole. Les prix de l’énergie avaient déjà reculé après l’annonce de l’accord, reflétant l’espoir d’une normalisation du trafic maritime et d’une reprise de l’approvisionnement iranien.

Mais la situation reste fragile. Une reprise des combats, une attaque contre des infrastructures ou une nouvelle confrontation maritime pourrait rapidement inverser ce mouvement.

Les sanctions et la question des 300 milliards de dollars

Trump a rejeté les informations selon lesquelles l’accord donnerait à l’Iran un accès direct à un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars financé par les États-Unis. Il a insisté sur le fait que Washington ne donnerait pas d’argent à Téhéran.

Le président américain a également affirmé que le mémorandum ne prévoyait pas une levée immédiate des sanctions. Selon lui, tout allègement dépendrait de futures négociations et du respect des engagements iraniens.

Cette clarification est importante pour le débat politique américain. Un accord perçu comme un paiement direct à l’Iran serait fortement contesté au Congrès et par une partie de l’opinion publique. En présentant les avantages économiques comme conditionnels, Trump cherche à défendre l’accord comme un outil de pression et non comme une concession.

Cependant, la question des investissements étrangers reste ouverte. Trump a indiqué que Washington ne bloquerait pas nécessairement les investissements d’autres pays en Iran. Cela pourrait laisser une place à des fonds du Golfe ou à des mécanismes internationaux, à condition que le cadre de sanctions évolue.

Le Liban demeure le point faible de l’accord

Le front libanais reste l’un des principaux risques pour la mise en œuvre du mémorandum. Les frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait de nouvelles victimes, tandis que l’Iran a averti qu’Israël devait cesser ses attaques sous peine de représailles.

Téhéran affirme que les attaques israéliennes au Liban constituent une violation de l’esprit de l’accord. Israël, de son côté, soutient qu’il agit en réponse aux tirs du Hezbollah. Cette dynamique peut rapidement compliquer l’application du cessez-le-feu.

Trump a reconnu une frustration vis-à-vis du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, tout en le qualifiant de bon partenaire. Il a déclaré qu’Israël avait reçu une copie de l’accord, mais a aussi suggéré que Netanyahu pouvait parfois agir de manière excessive.

Le problème est structurel : les États-Unis et l’Iran peuvent signer un accord, mais la stabilité régionale dépend aussi d’acteurs qui ne sont pas tous directement parties au texte. Le Hezbollah, Israël et les groupes armés régionaux peuvent influencer le succès ou l’échec de la trêve.

Le G7 voit une “opportunité historique”

Les dirigeants du G7 ont salué l’accord-cadre comme une opportunité historique d’empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire. Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré que l’accord pourrait changer la donne pour la région, tout en reconnaissant les risques.

Cette réaction internationale renforce la légitimité du processus. Les pays du G7 voient dans le mémorandum une chance de réduire les tensions, stabiliser les flux énergétiques et rouvrir une voie diplomatique sur le nucléaire iranien.

Le pape Léon XIV a également salué les efforts de dialogue et de négociation, estimant qu’il valait toujours mieux résoudre les différends par la diplomatie que par un retour à la guerre. Cette prise de position ajoute une dimension morale au soutien international.

Malgré ces réactions favorables, l’enthousiasme reste prudent. Les dirigeants internationaux savent que l’accord n’est qu’une première étape et que les dossiers les plus difficiles restent à négocier.

La signature pourrait être avancée

La cérémonie officielle est prévue en Suisse le 19 juin. Mais Trump a laissé entendre qu’elle pourrait avoir lieu plus tôt, peut-être le 18 juin. L’Iran a également indiqué qu’une option était à l’étude pour que Trump et le président iranien Masud Pezeshkian signent eux-mêmes l’accord.

Au départ, les responsables américains et iraniens avaient indiqué que le vice-président JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf, principal négociateur, signeraient le document. L’éventuelle signature par les deux présidents donnerait une dimension politique beaucoup plus forte à l’accord.

Elle pourrait aussi accroître les attentes. Si les deux chefs d’État signent directement, le mémorandum apparaîtra moins comme un simple texte technique et davantage comme une promesse politique majeure.

Ce que les marchés doivent surveiller

Les marchés doivent d’abord surveiller la signature officielle en Suisse. Une cérémonie confirmée, sans incident diplomatique, renforcerait la crédibilité de l’accord.

Le deuxième point est le trafic maritime à Hormuz. Les premières exportations iraniennes sont un signal positif, mais les marchés devront vérifier si les flux se normalisent durablement.

Le troisième facteur est le pétrole. Si la réouverture de Hormuz se confirme, les prix pourraient rester sous pression. Si les tensions reprennent, la prime géopolitique reviendra rapidement.

Le quatrième élément est le texte final. Les investisseurs chercheront les détails sur les sanctions, les conditions nucléaires, les mécanismes de vérification et les garanties de sécurité.

Enfin, le Liban restera un test immédiat. Si les affrontements Israël-Hezbollah se poursuivent, ils pourraient affaiblir le mémorandum avant même la conclusion d’un accord final.

Conclusion

Donald Trump affirme que les États-Unis ont obtenu un “changement de régime” en Iran, alors que Washington et Téhéran se préparent à signer un accord-cadre en Suisse. Le mémorandum prévoit l’arrêt des combats, la réouverture du détroit de Hormuz, la fin du blocus naval américain et une période de 60 jours pour négocier un règlement final sur le nucléaire et les sanctions.

Les premiers tankers transportant du brut iranien ont déjà quitté Hormuz, signalant une possible reprise des flux énergétiques. Le G7, le Canada et le pape ont accueilli favorablement l’accord, tout en reconnaissant que plusieurs risques demeurent.

Mais l’accord reste préliminaire. Trump menace de reprendre les frappes si l’Iran ne respecte pas ses engagements, le front libanais reste instable et les questions nucléaires les plus sensibles ne sont pas encore réglées.

Dernier point à retenir

L’accord États-Unis-Iran ouvre une voie réelle vers la désescalade, mais il repose sur une logique de pression et de vérification. La réouverture de Hormuz et les premières exportations de brut iranien sont des signaux importants. Pourtant, la paix dépendra des 60 prochains jours : nucléaire, sanctions, Liban et respect des engagements détermineront si cette percée devient durable.

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