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Les agents IA pourraient transformer la capacité des Layer 1 en ressource rare

Agents IA face aux limites de capacité des Layer 1

Les agents d’intelligence artificielle pourraient modifier profondément la manière dont les réseaux blockchain sont utilisés. Bart Smith, PDG d’Avalanche Treasury Co., estime qu’une adoption suffisamment large de systèmes autonomes dans la finance pourrait exercer une pression significative sur le block space des Layer 1. Son raisonnement repose sur une différence fondamentale entre l’activité humaine actuelle et celle que pourraient générer des logiciels capables d’exécuter des transactions en continu. Au lieu d’attendre une intervention manuelle, ces agents pourraient déplacer des fonds, régler des paiements, ouvrir ou ajuster des positions et interagir avec différentes applications sans suivre les horaires traditionnels des marchés ou les limites imposées par le rythme humain.

Pour Smith, cette évolution remettrait en cause l’idée selon laquelle la capacité blockchain reste suffisamment abondante pour que les utilisateurs ignorent les différences techniques entre réseaux. Tant que l’activité reste modérée, les distinctions entre Avalanche, Solana et Ethereum peuvent paraître secondaires pour de nombreux utilisateurs. Si des agents IA commencent à générer un flux permanent de transactions, la vitesse, les frais, la finalité, la confidentialité et les capacités de personnalisation pourraient prendre une importance beaucoup plus concrète.

Les agents autonomes changeraient la nature de la demande onchain

Un agent IA peut recevoir des instructions, interagir avec des logiciels et accomplir certaines tâches avec une intervention humaine limitée. Appliqué à la finance, ce fonctionnement pourrait produire une activité très différente de celle observée aujourd’hui. Un utilisateur humain peut effectuer quelques opérations puis s’arrêter. Un système automatisé peut au contraire analyser une situation, exécuter une action, ajuster une position et recommencer tant que les conditions programmées sont réunies.

Chaque action enregistrée sur une blockchain consomme une partie de la capacité disponible. Dans le scénario évoqué par Smith, le problème ne viendrait donc pas uniquement d’un plus grand nombre d’utilisateurs, mais aussi d’une fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée par chaque système automatisé. Des logiciels pourraient fonctionner sans interruption pendant que les marchés restent ouverts, créant une pression constante sur les réseaux. Smith affirme que si l’activité des agents IA atteint seulement la partie basse des estimations actuelles du marché, suffisamment d’opérations pourraient migrer vers la blockchain pour rendre le block space moins abondant.

Une hypothèse importante mais encore sans calendrier précis

Smith n’a pas fourni d’estimation précise du nombre de transactions qui pourraient être générées par ces agents. Il n’a pas non plus donné de date à laquelle la demande dépasserait effectivement la capacité disponible. Son avertissement repose donc sur un scénario conditionnel : l’utilisation des agents IA doit devenir suffisamment importante dans les marchés financiers pour produire une activité onchain régulière et durable.

Cette nuance est essentielle. Il ne s’agit pas d’affirmer que les Layer 1 sont déjà proches d’une saturation généralisée. Le raisonnement porte plutôt sur ce qui pourrait arriver si les agents automatisés passent du stade de l’expérimentation à celui d’une utilisation financière continue. La question n’est donc pas uniquement technologique. Elle dépend aussi de la vitesse à laquelle les entreprises, les investisseurs et les infrastructures financières adopteront ces systèmes.

Les différences entre réseaux pourraient devenir plus visibles

Smith estime que l’augmentation de la demande obligerait les utilisateurs et les institutions à examiner plus attentivement les caractéristiques propres à chaque Layer 1. Tant que la capacité reste largement suffisante, il est possible de choisir un réseau sans que certaines différences techniques deviennent déterminantes. Sous une charge plus élevée, ces détails peuvent affecter directement l’exécution des opérations.

La vitesse des transactions, les frais, la finalité, les options de confidentialité et la possibilité de créer des environnements adaptés à certains besoins professionnels peuvent alors devenir des critères plus importants. Smith a cité Avalanche, Solana et Ethereum pour illustrer cette diversité. Son point n’est pas que ces réseaux sont interchangeables aujourd’hui, mais que certaines différences actuellement considérées comme subtiles pourraient devenir beaucoup plus importantes si le block space devient plus disputé.

Avalanche met en avant la confidentialité et la sécurité

Smith considère que la confidentialité et la sécurité constituent deux domaines dans lesquels Avalanche peut répondre aux besoins des entreprises. Le réseau permet la création d’environnements Layer 1 distincts pouvant être configurés selon des exigences opérationnelles ou réglementaires spécifiques. Cette approche donne aux organisations la possibilité de concevoir des systèmes blockchain adaptés à leurs propres contraintes plutôt que de dépendre uniquement d’un environnement public uniforme.

Cette caractéristique est particulièrement pertinente pour les entreprises ou administrations qui souhaitent utiliser des mécanismes de vérification blockchain sans exposer toutes leurs données. Les besoins professionnels peuvent inclure la gestion d’informations personnelles, de documents officiels ou d’actifs réglementés. Dans ces contextes, la capacité à séparer les fonctions de vérification des informations sensibles peut devenir un élément important de l’architecture.

UAEPASS offre un exemple concret de cette logique

Le 14 septembre, Avalanche a été choisi comme blockchain sous-jacente pour le UAEPASS Digital Vault, un service documentaire intégré à la plateforme nationale d’identité numérique des Émirats arabes unis. UAEPASS dessert 12,5 millions d’utilisateurs et les relie à plus de 15 000 services proposés par plus de 350 organisations publiques et privées.

Le Digital Vault doit utiliser des enregistrements cryptographiques pour vérifier que des documents n’ont pas été modifiés, sans placer leur contenu personnel directement sur la blockchain. Le mécanisme sépare ainsi la preuve d’intégrité du fichier de l’information sensible qu’il contient. L’autorité émiratie des télécommunications et du gouvernement numérique supervise le service, Deca4 s’occupe de la mise en œuvre locale et Ava Labs fournit l’infrastructure Avalanche ainsi que le support technique.

Les actifs tokenisés élargissent aussi la demande institutionnelle

Avalanche attire également des institutions travaillant sur la tokenisation de titres financiers. En septembre, Hanwha Investment & Securities a finalisé une plateforme de titres tokenisés compatible avec Avalanche avant l’entrée en vigueur prévue du marché réglementé sud-coréen des security tokens.

Cette plateforme doit gérer les processus d’émission et de distribution d’actifs tokenisés. Le cadre réglementaire sud-coréen doit prendre effet en février 2027, offrant aux institutions financières une voie réglementée pour représenter certains titres sur des systèmes blockchain. Ce type d’utilisation se distingue de l’activité crypto purement spéculative et rejoint la vision de Smith d’une infrastructure financière davantage intégrée aux réseaux publics ou spécialisés.

Les marchés 24/5 pourraient changer les besoins techniques

Smith prévoit également une évolution importante des horaires des marchés traditionnels. Selon lui, d’ici le milieu de 2027, les marchés pourraient fonctionner 24 heures sur 24 pendant cinq jours par semaine. Une telle organisation étendrait considérablement la période durant laquelle les opérations financières peuvent être exécutées.

Le problème, selon Smith, est que l’infrastructure financière actuelle dépend encore largement d’horaires fixes et de processus qui n’ont pas été conçus pour fonctionner presque sans interruption. Le trading peut être prolongé, mais les systèmes de compensation, de règlement, de gestion du collatéral et de contrôle du risque doivent également suivre. Pour lui, prolonger simplement l’ancien modèle ne suffira pas. Une nouvelle infrastructure devra être construite.

Smith voit la blockchain comme base de cette nouvelle infrastructure

Le dirigeant estime que cette nouvelle génération de systèmes ne sera pas construite selon les méthodes traditionnelles, mais sur blockchain. Son argument repose sur la capacité de ces réseaux à enregistrer et régler des opérations de manière continue, sans dépendre des mêmes fenêtres opérationnelles que les infrastructures historiques.

Si les marchés deviennent réellement actifs presque toute la semaine, les systèmes de règlement devront être disponibles pendant les mêmes périodes. Les mouvements de collatéral, les ajustements de positions et les transferts de propriété devront suivre le rythme des transactions. La blockchain pourrait alors devenir non seulement un environnement de négociation, mais aussi une couche d’infrastructure chargée de maintenir ces processus actifs en permanence.

Les agents IA ajouteraient une seconde couche de pression

L’extension des horaires des marchés ne représente qu’une partie du scénario. Les agents IA pourraient amplifier la demande en exécutant des décisions pendant toute la durée d’ouverture. Contrairement aux traders humains, ils ne seraient pas limités par les heures de sommeil ou par la nécessité d’approuver manuellement chaque opération.

Un agent pourrait ajuster une position selon l’évolution des prix, déplacer des fonds, gérer un risque ou déclencher un règlement dès qu’une condition prédéfinie est remplie. Si ces actions sont réalisées onchain, elles multiplient la consommation de capacité. Plus les marchés restent ouverts longtemps, plus ces systèmes disposent de temps pour effectuer des opérations. C’est cette combinaison entre automatisation et horaires prolongés qui rend la prévision de Smith particulièrement importante.

Avalanche possède déjà une activité institutionnelle notable

Le réseau n’attend pas ce scénario futur pour attirer des projets liés aux actifs réels. En juillet, la valeur des actifs du monde réel tokenisés distribués sur Avalanche avait atteint 2,1 milliards de dollars après une progression de 60,47 % sur trente jours.

Bridgetower a également déclaré avoir placé plus de 11 milliards de dollars d’actifs liés à la production sur Avalanche en utilisant l’infrastructure Chainlink. Le portefeuille comprenait notamment le projet Arizona Copper-Gold. À la même période, le fonds BUIDL de BlackRock, qui représente des bons du Trésor américains tokenisés, avait dépassé 900 millions de dollars sur Avalanche.

Franklin Templeton et VanEck ont eux aussi utilisé ou annoncé des projets impliquant Avalanche. Ces exemples montrent que le réseau possède déjà une base institutionnelle, même si la situation décrite par Smith correspond à une étape beaucoup plus avancée de l’adoption.

Le futur envisagé repose sur une activité récurrente

La différence entre les déploiements actuels et le scénario de Smith réside dans la fréquence. Un projet tokenisé ou un système institutionnel peut aujourd’hui utiliser une blockchain sans nécessairement générer une énorme quantité de transactions chaque seconde. Smith imagine un futur dans lequel des systèmes automatisés interagissent constamment avec ces infrastructures.

Le passage d’une utilisation ponctuelle à une activité récurrente change la nature du problème. La question ne devient plus seulement de savoir si une blockchain peut héberger un projet donné, mais si elle peut maintenir les performances nécessaires lorsqu’un grand nombre d’agents exécutent des opérations de façon continue. Dans ce contexte, la capacité disponible devient un élément de concurrence entre réseaux.

Avalanche Treasury crée une autre forme d’exposition au réseau

Smith dirige Avalanche Treasury Co., une société américaine cotée au Nasdaq sous le symbole AVAT depuis juin. Cette structure permet aux investisseurs américains de s’exposer à l’écosystème Avalanche sans devoir détenir directement du AVAX.

L’entreprise est arrivée sur le marché public après une fusion avec Mountain Lake Acquisition Corp., une société d’acquisition à vocation spécifique. La transaction était valorisée à environ 675 millions de dollars. Lors de son introduction, Avalanche Treasury détenait environ 15 millions d’AVAX, soit approximativement 3,5 % de l’offre en circulation du token à ce moment-là.

Une introduction en Bourse difficile pour AVAT

La première séance d’AVAT a été particulièrement faible. L’action a ouvert à 2,99 dollars avant de clôturer à 1,85 dollar, soit une chute de 38,13 %. Le volume d’échanges a atteint environ 497 580 actions et la capitalisation de la société se situait autour de 486,37 millions de dollars.

Smith a indiqué que l’objectif d’Avalanche Treasury n’était pas simplement de conserver des tokens dans l’espoir d’une hausse du prix. Il a décrit l’entreprise comme un véhicule d’investissement dans l’écosystème et a affirmé que sa stratégie ne constituait pas un simple pari sur le cours du token.

La société reste néanmoins exposée aux variations de l’AVAX

Même si Avalanche Treasury souhaite déployer son capital à travers l’écosystème, sa position financière reste liée à l’évolution du prix de l’AVAX en raison de la quantité importante détenue. Une variation significative du token peut donc affecter la valeur des actifs de l’entreprise.

Son conseil et son groupe de conseillers comprennent Emin Gün Sirer, fondateur d’Ava Labs, ainsi que Stani Kulechov, fondateur d’Aave. Parmi ses soutiens figurent Dragonfly, ParaFi Capital, VanEck, Galaxy Digital, Pantera Capital, CoinFund, Kraken, FalconX et Borderless.

L’expérience de Smith relie marchés traditionnels et actifs numériques

Avant de diriger Avalanche Treasury, Smith a travaillé près de quatorze ans chez Susquehanna et occupé des fonctions liées au trading institutionnel et aux actifs numériques. Son analyse combine donc une connaissance des structures de marché traditionnelles avec une vision de leur possible transformation par la blockchain.

Ses commentaires relient trois tendances : l’automatisation par l’intelligence artificielle, la tokenisation croissante des actifs et l’allongement des horaires de marché. Chacune de ces évolutions peut augmenter l’activité onchain. Ensemble, elles pourraient produire une pression beaucoup plus forte sur les réseaux Layer 1.

Le block space pourrait devenir un facteur stratégique

La thèse de Smith ne prédit pas une saturation immédiate. Elle suggère que les conditions capables de rendre la capacité réellement rare commencent à se former. Si les agents IA deviennent des participants actifs aux marchés et si les marchés fonctionnent presque continuellement, la capacité blockchain pourrait passer d’un élément technique discret à un facteur stratégique.

Dans ce scénario, les entreprises ne choisiraient plus un réseau uniquement pour son écosystème ou sa popularité. Elles devraient aussi examiner sa vitesse, son coût, sa finalité, sa sécurité, sa confidentialité et sa capacité à maintenir ces caractéristiques sous une charge élevée.

Avalanche cherche déjà à se positionner dans cette transition avec des infrastructures configurables, des projets de tokenisation et des déploiements institutionnels. La question soulevée par Smith reste toutefois ouverte : si les machines commencent à effectuer des transactions en permanence, les blockchains disposeront-elles réellement de suffisamment de capacité pour absorber cette nouvelle génération d’activité financière ?

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