Written by 1:03 pm Articles Quotidiens

Wall Street attend l’emploi américain et Broadcom après un rallye record

Wall Street attend l’emploi et Broadcom cette semaine

Les marchés américains abordent une semaine importante après une série de records sur les principaux indices. Le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq ont tous poursuivi leur progression, tandis que le S&P 500 a terminé le mois de mai sur une séquence de sept séances de hausse. Les gains d’avril et de mai ont également marqué les premières progressions mensuelles consécutives de plus de 5 % depuis la fin de 2022.

Ce rallye puissant entre maintenant dans une phase de test. Les investisseurs devront digérer plusieurs données économiques clés, dont le rapport sur l’emploi de mai, les indices PMI de l’Institute for Supply Management et le Beige Book de la Réserve fédérale. Le marché suivra aussi une nouvelle série de résultats d’entreprises, avec Broadcom, CrowdStrike, Macy’s, Hewlett Packard Enterprise, Dollar General, Palo Alto Networks, Ulta Beauty, Lululemon, DocuSign et Planet Labs.

La question centrale est simple : la hausse des actions peut-elle continuer si les données économiques montrent une économie encore solide, mais potentiellement incompatible avec un assouplissement monétaire rapide ? Pour l’instant, Wall Street se montre optimiste. Mais après un mouvement aussi rapide, chaque statistique importante peut devenir un catalyseur.

Le rallye boursier entre dans une semaine décisive

La progression récente des actions américaines a été impressionnante. Les grands indices ont atteint de nouveaux sommets, soutenus par une saison de résultats meilleure que prévu, l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle et l’espoir que l’économie américaine reste assez solide pour éviter une forte détérioration.

Le S&P 500 a terminé mai sur une série de sept jours de hausse. Surtout, les gains d’avril et de mai ont été supérieurs à 5 % chacun, une dynamique rare qui reflète un fort appétit pour le risque.

Mais ce type de rallye peut aussi rendre le marché plus sensible aux déceptions. Lorsque les valorisations montent rapidement, les investisseurs exigent davantage de confirmations. Une donnée économique trop faible pourrait réveiller les craintes de ralentissement. À l’inverse, une donnée trop forte pourrait faire craindre que la Fed maintienne une politique restrictive plus longtemps.

Cette semaine servira donc de test pour le scénario actuellement dominant : une économie résiliente, une croissance des bénéfices correcte, une inflation encore surveillée, mais un marché actions capable de continuer à monter.

Le rapport sur l’emploi sera l’événement principal

Le rapport sur l’emploi de mai, attendu vendredi, sera l’indicateur le plus important de la semaine. Les économistes prévoient une création de 95 000 emplois non agricoles, après une hausse de 115 000 en avril. Le taux de chômage devrait rester inchangé à 4,3 %.

Le marché du travail américain a montré une résistance notable malgré une confiance des consommateurs plus faible. Après une année 2025 plus irrégulière, les créations d’emplois ont récemment montré des signes d’amélioration. Les gains de mars et d’avril ont marqué la première progression consécutive depuis mai de l’année précédente, ce qui a réduit les inquiétudes liées à un possible affaiblissement de l’emploi.

Pour les investisseurs, le rapport de vendredi aura plusieurs lectures possibles. Si les créations d’emplois sont proches des attentes, cela pourrait confirmer une économie qui ralentit sans casser. Ce serait probablement le scénario le plus favorable pour les actions.

Si les chiffres sont beaucoup plus faibles, les marchés pourraient s’inquiéter d’un ralentissement plus marqué de la demande. Mais cela pourrait aussi soutenir les obligations si les investisseurs anticipent une Fed moins agressive.

Si les chiffres sont trop forts, le marché pourrait y voir un signe que les pressions salariales et la demande restent robustes, ce qui compliquerait la tâche de la Réserve fédérale. Dans ce cas, les rendements obligataires pourraient remonter et peser sur les valorisations des actions de croissance.

Les PMI aideront à mesurer l’élan économique

Avant le rapport sur l’emploi, les investisseurs surveilleront les indices PMI de l’Institute for Supply Management. Le PMI manufacturier de mai sera publié lundi, avec une estimation de consensus à 53,1, légèrement supérieure au niveau d’avril. Le PMI des services sera publié mercredi, avec des attentes autour de 53,9.

Ces indices sont importants car ils offrent une lecture rapide de l’activité économique. Une valeur supérieure à 50 indique une expansion, tandis qu’une valeur inférieure à 50 signale une contraction.

Le secteur manufacturier est particulièrement surveillé après plusieurs périodes de faiblesse au cours des derniers cycles. Une lecture solide confirmerait que l’industrie américaine continue de se stabiliser. Cela serait positif pour les secteurs cycliques, les matériaux, l’industrie, les transports et certaines entreprises technologiques exposées aux dépenses d’investissement.

Le secteur des services est encore plus important pour l’économie américaine, car il représente une grande partie de l’activité. Un PMI des services plus fort que prévu pourrait soutenir l’idée d’une demande intérieure encore robuste. Mais cela pourrait aussi alimenter les inquiétudes sur l’inflation des services, qui reste l’un des éléments les plus persistants dans les données de prix.

Le Beige Book de la Fed apportera un signal qualitatif

Mercredi, la Réserve fédérale publiera son Beige Book, le quatrième des huit rapports prévus cette année. Ce document rassemble des informations qualitatives sur les conditions économiques dans les 12 districts régionaux de la Fed.

Même s’il ne contient pas toujours de données chiffrées spectaculaires, le Beige Book est utile pour comprendre ce que les entreprises, les banques régionales, les consommateurs et les acteurs économiques observent sur le terrain.

Les investisseurs chercheront notamment des indications sur les salaires, les prix, la demande des consommateurs, les conditions de crédit, l’immobilier commercial, l’industrie et l’impact des coûts de financement élevés.

Dans le contexte actuel, les commentaires sur l’inflation seront particulièrement importants. Si les entreprises signalent encore une capacité à répercuter les hausses de coûts sur les consommateurs, la Fed pourrait rester prudente. Si, au contraire, les marges se compriment et la demande ralentit, cela pourrait renforcer l’idée d’un assouplissement futur de la politique monétaire.

Broadcom clôture une saison de résultats solide

Broadcom sera l’un des grands événements de la semaine côté entreprises. La société, l’une des rares entreprises américaines valorisées à 2 000 milliards de dollars ou plus, publiera ses résultats mercredi.

Broadcom bénéficie fortement de la demande liée à l’intelligence artificielle, aux semi-conducteurs, aux infrastructures réseau et aux solutions pour data centers. Après une saison de résultats globalement très solide, ses chiffres seront observés comme un test supplémentaire de la solidité du thème IA.

Avec moins de 20 entreprises du S&P 500 encore attendues pour publier leurs résultats du premier trimestre, près de 90 % des sociétés ayant déjà publié ont dépassé les estimations de bénéfice par action. Un peu plus de 80 % ont également battu les attentes de chiffre d’affaires.

Ces chiffres expliquent une partie du rallye récent. Les investisseurs n’ont pas seulement acheté des promesses de croissance future. Ils ont aussi vu des entreprises américaines générer des résultats supérieurs aux prévisions malgré les tensions macroéconomiques.

Broadcom devra donc confirmer que l’IA et la demande en infrastructures numériques continuent de soutenir les bénéfices. Des résultats solides pourraient renforcer le sentiment positif sur la technologie. Des prévisions décevantes, en revanche, pourraient provoquer des prises de bénéfices dans un secteur déjà très valorisé.

CrowdStrike, Palo Alto et la cybersécurité sous surveillance

La cybersécurité sera également au centre de l’attention avec les résultats de CrowdStrike mercredi et de Palo Alto Networks mardi. Ces deux entreprises sont suivies de près car la demande en sécurité numérique reste structurellement forte.

Les entreprises, gouvernements et institutions financières augmentent leurs dépenses de cybersécurité face à la multiplication des attaques, à la complexité des infrastructures cloud et à l’usage croissant de l’intelligence artificielle. Mais les valorisations du secteur sont élevées, ce qui signifie que les marchés attendent une croissance régulière et des perspectives solides.

Pour CrowdStrike, les investisseurs surveilleront la croissance du chiffre d’affaires récurrent, les marges, les nouveaux clients et les commentaires sur la demande entreprise. Pour Palo Alto, l’attention portera sur la transition vers les plateformes intégrées, la rentabilité et la visibilité sur les contrats.

Des résultats solides dans la cybersécurité pourraient soutenir l’idée que les dépenses technologiques restent résistantes, même dans un environnement de taux élevés.

Macy’s, Dollar General et Ulta donneront des indices sur le consommateur

La semaine offrira aussi des signaux importants sur la consommation américaine. Dollar General, Ulta Beauty et Macy’s publieront leurs résultats, chacun donnant une lecture différente du comportement des ménages.

Dollar General est souvent considéré comme un indicateur de la santé financière des consommateurs à revenus modestes. Si ses ventes progressent grâce à une recherche accrue de prix bas, cela peut signaler une pression sur le pouvoir d’achat.

Ulta Beauty donne une lecture plus spécifique de la consommation discrétionnaire dans les produits de beauté. Ce segment a souvent été résilient, mais il peut ralentir si les ménages deviennent plus prudents.

Macy’s, de son côté, reste exposé aux dépenses discrétionnaires dans l’habillement, les grands magasins et les biens non essentiels. Ses résultats aideront à évaluer si le consommateur américain continue de dépenser malgré les inquiétudes sur l’inflation et les taux.

Ces publications seront importantes car la consommation reste un pilier de l’économie américaine. Si les entreprises de distribution signalent un ralentissement net, cela pourrait modifier la lecture du marché sur la solidité de la croissance.

Lululemon, DocuSign et Planet Labs ajoutent d’autres angles

Jeudi, Lululemon, DocuSign, Planet Labs, Ciena, Brown-Forman, Cooper Cos. et Samsara publieront également leurs résultats. Ces entreprises couvrent plusieurs segments : consommation haut de gamme, logiciels, données spatiales, infrastructure réseau, boissons, santé et technologies de transport.

Lululemon sera surveillée comme indicateur de la demande premium dans l’habillement sportif. DocuSign donnera un aperçu de la demande en logiciels de productivité et de gestion documentaire. Planet Labs intéressera les investisseurs exposés aux données satellitaires, à l’observation de la Terre et aux applications commerciales de l’espace.

Ces résultats ne seront pas aussi centraux que ceux de Broadcom, mais ils contribueront à affiner la lecture du marché sur la qualité de la demande dans différents secteurs.

Construction, offres d’emploi et dépenses d’investissement

D’autres données économiques compléteront le calendrier. Lundi, le Census Bureau publiera les dépenses de construction d’avril, avec une hausse mensuelle attendue de 0,1 % à un rythme annualisé désaisonnalisé de 2 190 milliards de dollars.

Mardi, le rapport JOLTS sur les offres d’emploi sera publié. Le consensus prévoit 6,85 millions d’offres d’emploi au dernier jour ouvré d’avril, légèrement moins qu’en mars.

Les offres d’emploi sont un indicateur clé de la demande de main-d’œuvre. Une baisse graduelle peut indiquer un marché du travail qui se normalise sans provoquer de choc. Une chute plus brutale pourrait renforcer les inquiétudes sur l’emploi.

Combinées au rapport sur l’emploi de vendredi, ces données aideront à déterminer si le marché du travail reste solide ou si la dynamique commence à s’essouffler.

Conclusion

La semaine à venir sera un test important pour Wall Street. Après une forte progression des actions et de nouveaux records sur les grands indices, les investisseurs devront vérifier si les fondamentaux économiques et les résultats d’entreprises justifient encore les valorisations actuelles.

Le rapport sur l’emploi de mai sera l’événement clé. Les PMI manufacturier et services, le Beige Book de la Fed, les données JOLTS et les dépenses de construction offriront des signaux supplémentaires sur l’état de l’économie américaine.

Côté entreprises, Broadcom sera l’un des grands tests du thème IA et des semi-conducteurs. CrowdStrike et Palo Alto donneront une lecture de la cybersécurité, tandis que Macy’s, Dollar General, Ulta et Lululemon aideront à évaluer la santé du consommateur.

Le rallye reste solide, mais le marché est désormais plus exigeant. Pour prolonger la hausse, Wall Street aura besoin d’un équilibre précis : assez de croissance pour soutenir les bénéfices, mais pas trop de vigueur pour forcer la Fed à durcir davantage sa politique. Cette semaine pourrait montrer si cet équilibre tient encore.

Visited 1 times, 1 visit(s) today
Close