Donald Trump a déclaré mercredi que les négociations avec l’Iran étaient entrées dans leur “phase finale”, tout en avertissant que les États-Unis pourraient reprendre les attaques si Téhéran n’accepte pas un accord. Cette déclaration intervient six semaines après la suspension de “l’Operation Epic Fury”, lorsque Washington avait choisi de donner une chance au cessez-le-feu plutôt que de poursuivre immédiatement sa campagne militaire.
Le président américain a indiqué que les discussions approchaient d’un moment décisif. Selon lui, deux options restent possibles : un accord ou une réponse américaine beaucoup plus dure. Cette position reflète la stratégie constante de Washington depuis le début de la crise : maintenir une pression militaire forte tout en laissant ouverte la porte d’une solution négociée.
La situation reste cependant extrêmement fragile. L’Iran avertit qu’une nouvelle attaque américaine pourrait déclencher une guerre plus large, tandis que les marchés de l’énergie continuent de réagir aux annonces liées au détroit d’Hormuz, au blocus naval américain et aux perspectives de paix.
Washington parle d’une étape décisive
Donald Trump a résumé la situation en affirmant que les États-Unis se trouvaient dans les “dernières étapes” du dossier iranien. Il a ajouté que si aucun accord n’était trouvé, Washington pourrait prendre des mesures “un peu désagréables”.
Cette formulation maintient une ambiguïté volontaire. Elle montre que le président américain veut conserver un levier de pression sur Téhéran tout en donnant l’impression qu’un accord reste possible. Le message adressé à l’Iran est clair : les négociations ne peuvent pas durer indéfiniment.
Trump avait déjà déclaré la veille qu’il était passé à une heure près de relancer la campagne militaire contre Téhéran. Il a ensuite défendu sa décision d’attendre, affirmant que retarder une attaque de quelques jours pouvait sauver des vies.
Cette justification vise à présenter la pause militaire comme une décision de prudence, non comme un signe de faiblesse. Washington tente donc de combiner fermeté stratégique et argument humanitaire.
L’Iran menace d’élargir le conflit
L’Iran a répondu par un avertissement direct. Des responsables iraniens ont déclaré qu’une nouvelle attaque américaine pourrait provoquer un conflit dépassant le Moyen-Orient.
Ahmad Vahidi, figure liée aux Gardiens de la révolution, a affirmé que si une nouvelle agression était commise contre le territoire iranien, la réponse ne resterait pas limitée au cadre régional. Selon lui, le “feu” promis par Téhéran pourrait dépasser toutes les frontières.
Ce langage montre que l’Iran cherche à dissuader Washington d’une reprise des frappes. En menaçant une escalade au-delà de la région, Téhéran veut augmenter le coût politique et militaire d’une intervention américaine.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, présenté comme le principal négociateur iranien dans les pourparlers de paix, a aussi affirmé que des mouvements “évidents et cachés” de l’ennemi montraient que les Américains préparaient de nouvelles attaques.
Ces déclarations confirment un climat de méfiance profond. Même si les négociations se poursuivent, les deux camps se préparent à un possible échec.
Un appel tendu entre Trump et Netanyahu
Selon plusieurs rapports, Donald Trump aurait eu un appel tendu avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au sujet des négociations avec l’Iran. Cette tension souligne les divergences possibles entre Washington et Israël sur le rythme et les conditions d’un accord.
Trump aurait indiqué qu’une lettre d’intention était en préparation. Ce document viserait à mettre officiellement fin à la guerre et à ouvrir une période de 30 jours de négociations entre l’Iran et les États-Unis. Les discussions porteraient notamment sur le détroit d’Hormuz et le programme nucléaire iranien.
Cette idée d’une période limitée de négociation est importante. Elle pourrait permettre aux deux parties de sortir d’une logique de confrontation immédiate tout en fixant un calendrier strict. Mais elle peut aussi être rejetée si l’un des camps estime que l’autre utilise le délai pour gagner du temps.
Israël, de son côté, pourrait craindre qu’une pause prolongée ne permette à l’Iran de préserver certaines capacités militaires ou nucléaires. C’est probablement l’un des points sensibles dans la relation entre Trump et Netanyahu.
Le détroit d’Hormuz reste au centre du dossier
Le détroit d’Hormuz reste l’un des sujets les plus importants des négociations. Depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran en février, l’Iran a largement fermé cette route maritime à la plupart des navires, sauf aux siens et à certains navires autorisés.
Mercredi, la marine des Gardiens de la révolution a affirmé que 26 navires, dont des pétroliers, des porte-conteneurs et d’autres navires commerciaux, avaient traversé le détroit au cours des dernières 24 heures en coordination avec l’Iran.
Cette annonce vise à montrer que le trafic n’est pas totalement interrompu, mais qu’il se déroule désormais sous supervision iranienne. Les navires doivent obtenir des permis et coordonner leur passage avec les forces iraniennes.
Avant la guerre, environ 140 navires traversaient quotidiennement le détroit. Les chiffres récents restent donc très inférieurs au niveau normal, même si le volume de transit semble avoir augmenté par rapport aux semaines précédentes.
Les navires chinois obtiennent un traitement particulier
La question chinoise est également devenue centrale. Deux superpétroliers chinois transportant environ 4 millions de barils de pétrole ont quitté le détroit mercredi, tandis qu’un autre navire était en route vers la sortie.
La semaine précédente, alors que Trump se trouvait à Pékin pour un sommet, l’Iran avait annoncé un assouplissement des règles pour les navires chinois. Cette décision montre que Téhéran cherche à préserver ses liens avec Pékin, tout en utilisant le détroit comme outil de négociation internationale.
La Corée du Sud a également indiqué qu’un pétrolier coréen traversait le détroit en coopération avec l’Iran. Ces éléments suggèrent que certains pays peuvent obtenir des arrangements spécifiques, mais que le fonctionnement normal du commerce maritime n’est pas rétabli.
Cette situation crée un système de navigation fragmenté. Certains navires passent sous coordination iranienne, d’autres restent bloqués ou évitent la zone. Pour les marchés de l’énergie, cette incertitude continue d’alimenter une prime de risque sur les prix du pétrole.
Le blocus naval américain continue
En parallèle, les États-Unis poursuivent leur propre blocus naval contre l’Iran. Le Commandement central américain a confirmé que 90 navires avaient été redirigés et que quatre autres avaient été désactivés depuis le début du blocus.
Les autorités américaines ont également indiqué qu’un hélicoptère d’attaque AH-1Z Viper du Corps des Marines patrouillait près d’un navire commercial traversant les eaux régionales. Cela montre que Washington maintient une présence militaire active pour faire appliquer ses restrictions.
Le blocus naval est l’un des points de friction majeurs dans les négociations. L’Iran souhaite sa levée, tandis que les États-Unis l’utilisent comme moyen de pression. Tant que cette question n’est pas réglée, il sera difficile d’obtenir une normalisation complète du trafic maritime.
Le détroit d’Hormuz et le blocus américain forment donc deux volets du même problème : chaque camp contrôle une partie du levier maritime et tente de l’utiliser pour obtenir des concessions.
Le Congrès américain débat des pouvoirs de guerre
La crise iranienne commence aussi à peser sur la politique intérieure américaine. La Chambre des représentants doit voter sur une résolution liée aux pouvoirs de guerre, demandant à Donald Trump de retirer les forces américaines déployées contre l’Iran.
Cette initiative intervient après un vote procédural au Sénat visant à mettre fin à la guerre, sauf si Trump obtient l’autorisation du Congrès. Le texte a avancé avec 50 voix contre 47, après la défection d’un sénateur républicain et l’absence de plusieurs élus.
Le débat porte sur le War Powers Act de 1973. Cette loi impose généralement au président d’obtenir l’autorisation du Congrès dans un délai de 60 jours, de mettre fin à l’action militaire ou de demander une extension limitée pendant le retrait des forces.
La Maison-Blanche affirme que le cessez-le-feu a mis fin aux hostilités et a donc arrêté le compteur juridique. Les opposants à la guerre contestent cette lecture, estimant que les forces américaines restent engagées contre l’Iran.
Ce débat pourrait devenir plus important si Trump ordonne de nouvelles frappes. Il ne s’agit pas seulement d’une question militaire, mais aussi d’un conflit institutionnel sur le pouvoir de lancer ou de prolonger une guerre.
Les prix du pétrole restent sous pression
La guerre et les restrictions dans le détroit d’Hormuz ont provoqué la plus grande perturbation de l’approvisionnement énergétique mondial de l’histoire récente. Les marchés pétroliers réagissent désormais presque quotidiennement aux signaux contradictoires venus de Washington, de Téhéran et des capitales régionales.
Le Brent à un mois a reculé d’environ 1,5 % mercredi matin, s’échangeant juste sous 110 dollars le baril. Malgré cette baisse, les prix restent nettement supérieurs au niveau de la semaine précédente.
Les fluctuations reflètent l’incertitude. Les prix baissent lorsque les marchés pensent qu’un accord est proche, puis remontent lorsque les menaces militaires ou les blocages maritimes reprennent le dessus.
Pour Trump, cette pression énergétique crée une urgence politique. Des prix élevés du pétrole peuvent alimenter l’inflation, peser sur les consommateurs et affaiblir la confiance économique. C’est pourquoi l’administration américaine insiste sur les progrès diplomatiques, même tout en maintenant la menace militaire.
Pression croissante pour mettre fin à la guerre
Donald Trump est sous pression pour mettre fin au conflit. Les prix de l’énergie restent élevés, la perturbation du commerce maritime pèse sur l’économie mondiale et le Congrès commence à contester plus ouvertement la poursuite de l’engagement militaire.
Le président a affirmé mardi que la guerre se terminerait “très rapidement”. Le vice-président JD Vance a également adopté un ton optimiste, affirmant que les États-Unis se trouvaient dans une position “plutôt bonne”.
Mais les déclarations américaines restent fluctuantes. D’un côté, Washington affirme qu’un accord est proche. De l’autre, Trump menace de nouvelles frappes et l’Iran avertit qu’une nouvelle attaque pourrait provoquer une guerre élargie.
Cette contradiction entretient la volatilité. Les marchés, les alliés et les adversaires tentent de déterminer si les négociations sont réellement proches d’un accord ou si elles servent surtout à retarder une nouvelle confrontation.
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran semblent entrer dans une phase décisive, mais le risque d’escalade reste élevé. Donald Trump affirme que les discussions sont dans leurs dernières étapes, tout en prévenant que Washington pourrait prendre des mesures beaucoup plus dures si aucun accord n’est conclu.
L’Iran, de son côté, menace d’élargir le conflit en cas de nouvelle attaque américaine. Le détroit d’Hormuz reste partiellement contrôlé par Téhéran, tandis que les États-Unis maintiennent leur blocus naval contre les ports iraniens. Cette double pression maritime continue de perturber le commerce énergétique mondial.
Le débat au Congrès sur les pouvoirs de guerre ajoute une dimension politique intérieure à la crise. Trump veut conserver sa liberté d’action, mais une partie des élus cherche à limiter l’engagement militaire américain.
Pour les marchés, le message reste clair : tant que le détroit d’Hormuz, le programme nucléaire iranien et le blocus naval américain ne sont pas réglés, les prix du pétrole resteront vulnérables aux annonces politiques et militaires.