Written by 12:01 pm Articles Quotidiens

Marché des futures : le sucre atteint un plus haut de deux semaines, le cacao et le café progressent aussi

Marché des futures - sucre, cacao et café montent

Le marché des futures agricoles a connu une séance positive, portée par la hausse du sucre brut, du cacao et du café. Le sucre brut coté sur ICE a atteint son plus haut niveau depuis deux semaines, soutenu par la remontée des prix de l’énergie et par des attentes liées à la production d’éthanol au Brésil. Dans le même temps, le cacao et le café ont également progressé, chacun porté par ses propres facteurs d’offre, de demande et de sentiment de marché.

Cette séance montre à quel point les matières premières agricoles restent sensibles à plusieurs dynamiques croisées. Les prix du pétrole peuvent influencer le sucre via l’éthanol. Les conditions météorologiques peuvent modifier les anticipations sur les récoltes de canne, de café ou de cacao. Les devises, notamment le réal brésilien, jouent aussi un rôle important dans les décisions de vente des producteurs.

Pour les traders et investisseurs qui suivent les contrats à terme, cette évolution rappelle que le marché des futures ne dépend pas seulement des stocks ou de la production immédiate. Il réagit également aux politiques énergétiques, aux tensions géopolitiques, aux prévisions climatiques et aux mouvements de change.

Le sucre brut rebondit après un plus bas de cinq ans

Le contrat à terme sur le sucre brut a progressé de 0,28 cent, soit environ 2 %, pour terminer à 14,11 cents la livre. Durant la séance, il a atteint 14,16 cents la livre, son plus haut niveau depuis le 9 avril. Ce rebond intervient après une période difficile, puisque le contrat était tombé à un plus bas de cinq ans à la mi-avril.

Ce redressement est donc important sur le plan technique et psychologique. Lorsqu’un actif atteint un plus bas pluriannuel, le marché commence souvent à chercher des signes de stabilisation. Une reprise, même modérée, peut attirer des achats de couverture, des rachats de positions vendeuses ou des stratégies de court terme.

Cependant, il serait prématuré de parler d’un retournement durable. Le sucre reste soumis à des pressions importantes, notamment liées à l’offre brésilienne et aux perspectives de production mondiale. Le rebond actuel semble surtout lié à un changement dans les attentes énergétiques et à certains risques climatiques.

Le pétrole soutient indirectement le prix du sucre

L’un des principaux moteurs du rebond du sucre vient de la hausse des prix du pétrole. Selon ADMIS, l’absence de percée dans les discussions de paix entre les États-Unis et l’Iran soutient le brut. Lorsque le pétrole monte, l’éthanol devient plus attractif comme alternative énergétique, surtout dans des pays où la canne à sucre peut être utilisée pour produire soit du sucre, soit de l’éthanol.

Ce lien est particulièrement important au Brésil, premier producteur et exportateur majeur de sucre. Les usines brésiliennes peuvent ajuster une partie de leur production entre sucre et éthanol selon la rentabilité relative des deux marchés. Si les prix de l’énergie augmentent, il peut devenir plus intéressant de consacrer davantage de canne à l’éthanol, ce qui réduit potentiellement l’offre disponible pour le sucre.

Cette dynamique soutient les prix du sucre, car le marché anticipe une possible réduction de la production sucrière. Même une modification limitée du mix de production au Brésil peut avoir un impact sur le sentiment mondial, compte tenu du poids du pays dans l’approvisionnement international.

Le Brésil pourrait augmenter le mandat d’éthanol

Un autre élément important concerne la politique énergétique brésilienne. Le pays envisage de relever le mandat de mélange d’éthanol dans l’essence de 30 % à 32 %. Si cette mesure est confirmée, elle pourrait accroître la demande domestique d’éthanol et renforcer l’incitation à diriger davantage de canne vers ce segment.

Pour le marché du sucre, cette décision serait significative. Une demande plus forte pour l’éthanol peut réduire la quantité de canne transformée en sucre, surtout si les marges de l’éthanol deviennent plus attractives. Cela crée un arbitrage qui peut soutenir les contrats à terme sur le sucre brut.

Dans le même temps, l’agence brésilienne Conab a projeté une récolte de canne proche d’un record, mais avec une production de sucre qui devrait reculer de 0,5 %. Cette combinaison est intéressante : même avec une grande récolte, le volume transformé en sucre pourrait être légèrement inférieur. Cela confirme que la taille de la récolte n’est pas le seul facteur à surveiller. La répartition entre sucre et éthanol compte tout autant.

Les risques climatiques en Asie ajoutent du soutien

Les perspectives climatiques renforcent aussi l’attention sur le marché du sucre. ADMIS a indiqué que l’arrivée attendue d’El Niño dès juin pourrait réduire les récoltes de canne en Asie cette année. L’India Meteorological Department anticipe déjà une mousson inférieure à la normale, ce qui pourrait peser sur la production agricole.

L’Inde est un acteur majeur du marché sucrier mondial. Une mousson faible peut affecter les rendements de canne et limiter la production. Si les perspectives de récolte se détériorent, le marché peut intégrer une prime de risque plus élevée.

Ces éléments ne garantissent pas une hausse continue des prix, mais ils réduisent l’aisance du marché après la chute récente. Lorsque les prix sont déjà proches de niveaux très bas, l’apparition de risques climatiques ou énergétiques peut suffire à déclencher un rebond.

Le sucre blanc suit aussi la tendance

Le sucre blanc a également progressé, gagnant 1,4 % pour atteindre 432,90 dollars la tonne métrique. Cette hausse confirme que le mouvement ne se limite pas au contrat sur le sucre brut. Les deux marchés restent liés, même s’ils réagissent parfois différemment selon les flux commerciaux, les marges de raffinage et la demande régionale.

Le sucre blanc est souvent suivi pour comprendre la demande des importateurs et les conditions du marché raffiné. Une hausse parallèle du sucre brut et du sucre blanc suggère que le sentiment s’améliore plus largement dans le complexe sucrier.

Le café arabica profite du réal brésilien

Le café a aussi progressé pendant la séance. Le contrat sur l’arabica a gagné 2,2 cents, soit 0,8 %, pour terminer à 2,907 dollars la livre. Il avait atteint un plus haut d’un mois à 3,0625 dollars vendredi.

Selon ADMIS, l’arabica reçoit un soutien récent du réal brésilien plus fort. Comme le café est généralement coté en dollars, un réal plus ferme réduit les revenus des producteurs brésiliens en monnaie locale lorsqu’ils vendent sur le marché international. Cela peut les inciter à retarder certaines ventes, ce qui limite l’offre disponible à court terme.

Le Brésil étant le premier producteur mondial de café arabica, le comportement de ses producteurs influence fortement le marché. Lorsque les ventes ralentissent, les prix peuvent trouver un soutien, surtout si les acheteurs doivent sécuriser des volumes.

Une grande récolte brésilienne pourrait limiter les gains du café

Malgré ce soutien, les gains du café pourraient rester plafonnés par les attentes d’une récolte brésilienne importante. ADMIS a indiqué qu’une récolte abondante attendue au Brésil pourrait limiter la progression des prix.

Cela crée une situation équilibrée. D’un côté, le réal fort et un démarrage lent de la récolte soutiennent les cours à court terme. Le centre de recherche Cepea/Esalq a signalé que la récolte démarre lentement, plusieurs champs n’étant pas encore prêts. De l’autre côté, si la production finale est importante, l’offre pourrait finir par peser sur les prix.

Le robusta a également progressé, gagnant 1,5 % pour atteindre 3 481 dollars la tonne. Comme l’arabica, il avait aussi touché un plus haut d’un mois vendredi. Cette évolution montre que le marché du café reste globalement ferme, même si les risques d’offre future limitent l’enthousiasme.

Le cacao retrouve un plancher après de fortes baisses

Le cacao a également terminé en hausse. Le contrat londonien a gagné 71 livres, soit 2,9 %, pour atteindre 2 538 livres la tonne, après avoir progressé de 6 % la semaine précédente. À New York, le cacao a avancé de 2,5 % pour atteindre 3 380 dollars la tonne.

Après de fortes baisses cette année, le cacao semble chercher un plancher plus élevé. Le marché commence à intégrer l’idée que la demande pour les produits chocolatés pourrait se redresser. Les promotions de Pâques, notamment sur les œufs en chocolat, ont contribué à réduire l’inflation des prix en magasin au Royaume-Uni en avril, selon les données mentionnées.

La demande reste donc un élément essentiel. Après une période de prix élevés et de pression sur la consommation, tout signe d’amélioration peut soutenir les cours. Le marché du cacao reste toutefois fragile, car il dépend aussi fortement des conditions de production en Afrique de l’Ouest.

Les difficultés des producteurs ivoiriens restent un risque

L’offre de cacao reste confrontée à des défis importants. Une enquête a montré que les producteurs en Côte d’Ivoire rencontrent des difficultés pour obtenir des engrais et que beaucoup n’en ont pas acheté pour les prochains cycles de production.

Ce point est important, car la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao. Si les agriculteurs utilisent moins d’engrais, les rendements futurs peuvent être affectés. Cela peut créer un risque d’offre plus faible lors des prochaines récoltes.

Même si les prix ont fortement reculé cette année, ces difficultés structurelles empêchent le marché de devenir trop baissier. Les traders doivent donc surveiller à la fois la reprise de la demande et les contraintes de production.

Conclusion

Le marché des futures agricoles a progressé grâce à une combinaison de facteurs énergétiques, climatiques, monétaires et fondamentaux. Le sucre brut a atteint un plus haut de deux semaines, soutenu par la hausse du pétrole, les discussions autour du mandat d’éthanol au Brésil et les risques climatiques en Asie. Le sucre blanc a suivi la même tendance, confirmant une amélioration du sentiment dans le complexe sucrier.

Le café a bénéficié d’un réal brésilien plus fort et d’un démarrage lent de la récolte, même si les attentes d’une grande production au Brésil pourraient limiter les gains. Le cacao, de son côté, tente de construire un plancher plus solide après de fortes baisses, avec un soutien venu d’espoirs de reprise de la demande et de préoccupations sur les intrants agricoles en Côte d’Ivoire.

Pour les traders, cette séance rappelle que les contrats à terme agricoles sont influencés par des variables très diverses. Les prix ne dépendent pas seulement de l’offre et de la demande immédiates. Ils reflètent aussi l’énergie, les devises, la météo, les politiques nationales et la confiance des marchés. Dans ce contexte, sucre, café et cacao restent des segments à surveiller de près.

Visited 11 times, 1 visit(s) today
Close