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La solidité des bénéfices pourrait prolonger la hausse du marché américain après le record du S&P 500

Panneau Wall Street près de la Bourse de New York alors que les bénéfices soutiennent le record du S&P 500

Le marché actions américain pourrait prolonger sa progression de 2026 après le nouveau record de clôture du S&P 500, soutenu par de solides bénéfices d’entreprises, la poursuite des investissements dans les infrastructures d’intelligence artificielle et des valorisations devenues plus modérées malgré la hausse des cours.

L’indice de référence a enregistré mardi sa première clôture record depuis deux mois et progressait d’environ 13 % depuis le début de l’année. Ce redressement est intervenu après une période de faiblesse des semi-conducteurs et d’autres valeurs technologiques, tandis que les signes d’apaisement entre les États-Unis et l’Iran ont renforcé l’appétit pour le risque.

Les investisseurs restent optimistes parce que les résultats du deuxième trimestre ont dépassé des attentes déjà élevées. Plus des trois quarts des entreprises du S&P 500 ont publié leurs chiffres et les bénéfices ajustés devraient progresser de 31,1 % sur un an, selon les données LSEG IBES. Il s’agirait de la plus forte croissance depuis 2021.

Des risques persistent néanmoins. Les rendements obligataires restent élevés, le marché entre dans une période saisonnière historiquement difficile et le sentiment autour de l’intelligence artificielle peut changer rapidement.

Le S&P 500 retrouve un niveau record

Le S&P 500 a atteint sa première clôture record en deux mois après s’être remis de la faiblesse des grandes valeurs technologiques.

L’indice avait été freiné par la baisse des entreprises de semi-conducteurs et d’autres bénéficiaires majeurs du cycle d’investissement dans l’intelligence artificielle.

Les gains récents ont aussi été soutenus par des signes de détente entre les États-Unis et l’Iran. La diminution du risque géopolitique a contribué à faire baisser le pétrole et à réduire certaines inquiétudes inflationnistes.

La progression a porté le gain annuel du S&P 500 à environ 13 %.

Les investisseurs doivent maintenant déterminer si ce record marque le début d’une nouvelle phase de hausse durable ou si le marché a déjà intégré une grande partie des perspectives favorables.

Le marché de l’IA devient plus équilibré

Certains investisseurs considèrent le marché comme plus sain après une correction importante des valeurs liées à l’IA, devenues auparavant excessivement chères.

L’indice Philadelphia Semiconductor restait environ 17 % sous son sommet de fin juin, même s’il affichait encore une progression supérieure à 70 % depuis le début de l’année.

Cette situation reflète à la fois l’ampleur de la hausse précédente et la force du récent recul.

Anthony Saglimbene, stratège en chef chez Ameriprise, estime que la pression vendeuse a ramené plusieurs grandes valeurs technologiques vers une situation plus équilibrée.

Des cours moins élevés peuvent réduire le risque de valorisation et créer une base plus solide, à condition que les bénéfices et la demande commerciale continuent de soutenir le secteur.

La correction pourrait donc avoir éliminé une partie de l’excès spéculatif sans mettre fin au thème de l’investissement dans l’IA.

Les résultats des hyperscalers franchissent un test majeur

Les résultats d’Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta Platforms constituaient l’un des principaux tests pour le marché.

Ces entreprises investissent des sommes considérables dans les centres de données, les puces, les serveurs et les infrastructures d’intelligence artificielle.

Les dépenses d’investissement combinées de ces quatre groupes et d’Oracle devraient approcher 800 milliards de dollars cette année, selon les stratèges de Goldman Sachs.

Ces investissements soutiennent les fabricants de semi-conducteurs et de nombreuses autres entreprises participant à la construction des capacités d’IA.

Les investisseurs craignaient que les plus grands fournisseurs cloud réduisent leurs projets si les rendements ne se matérialisaient pas.

Leurs résultats ont au contraire montré que les activités cloud généraient des retours, réduisant le risque d’une baisse rapide du capex.

Les rendements du cloud soutiennent toute la chaîne de l’IA

La capacité des hyperscalers à rentabiliser leurs activités cloud ne concerne pas uniquement ces entreprises.

Si la demande justifie toujours de nouveaux investissements, les dépenses consacrées aux centres de données et à la puissance informatique peuvent rester élevées.

Cela bénéficie aux fabricants de semi-conducteurs et aux autres fournisseurs dépendant de l’expansion des capacités d’IA.

Eric Johnston, stratège en chef actions et macroéconomie chez Cantor, estime que les hyperscalers et les semi-conducteurs peuvent continuer à progresser parce que les rendements du cloud permettent de maintenir les investissements.

Cette relation crée un cycle favorable.

Les entreprises cloud investissent parce que leurs clients utilisent les infrastructures d’IA, tandis que les fournisseurs profitent de la construction de nouvelles capacités.

La durabilité du cycle dépendra du maintien de la demande et de la capacité des hyperscalers à convertir leurs dépenses en revenus.

Les bénéfices du deuxième trimestre progressent de plus de 31 %

Les résultats des entreprises offrent un soutien fondamental important.

Avec plus de 75 % des sociétés du S&P 500 ayant publié leurs chiffres, les bénéfices ajustés du deuxième trimestre devraient augmenter de 31,1 % sur un an.

Ce serait la plus forte progression depuis 2021.

Les prévisions pour les troisième et quatrième trimestres ont également été relevées.

La technologie affiche la plus forte croissance, avec des bénéfices attendus en hausse de 72 %.

L’amélioration ne se limite toutefois pas à ce secteur. Les profits devraient augmenter dans 10 des 11 secteurs du S&P 500.

Cette large participation réduit la dépendance du marché envers un petit groupe d’entreprises technologiques.

La croissance s’étend au-delà des géants technologiques

Les grandes entreprises technologiques restent essentielles à l’expansion des bénéfices, mais d’autres secteurs contribuent également.

Eric Kuby, directeur des investissements chez North Star Investment Management, a décrit les profits des entreprises comme exceptionnellement solides.

Selon lui, la croissance a été explosive dans les grandes capitalisations technologiques et certains secteurs, tout en restant forte dans l’ensemble du marché.

Une reprise plus large peut renforcer la durabilité de la hausse.

Lorsque les bénéfices progressent dans plusieurs secteurs, les investisseurs disposent de davantage d’opportunités en dehors des plus grandes sociétés.

Cela réduit aussi le risque qu’une faiblesse concentrée dans un groupe fasse reculer tout l’indice.

Les valorisations diminuent malgré le record

Le S&P 500 a atteint un sommet, mais sa valorisation prévisionnelle est inférieure à celle de la fin de 2025.

L’indice se négociait mardi à environ 20,4 fois les bénéfices attendus, selon LSEG Datastream.

Ce niveau se compare à 22,2 fois à la fin de 2025 et à 21,3 lors du précédent record du 2 juin.

Le ratio cours-bénéfice du secteur technologique est également tombé de 26,5 à la fin de l’année dernière à 22,1.

Cette modération s’explique par une hausse des prévisions de bénéfices plus rapide que celle des cours.

Un marché peut donc devenir moins cher sur une base prévisionnelle même lorsque les indices progressent.

Des multiples plus faibles offrent davantage de marge

La baisse des valorisations ne signifie pas que le marché est bon marché en valeur absolue.

Un multiple supérieur à 20 traduit encore un fort optimisme sur les bénéfices futurs et l’économie.

Cependant, le recul par rapport aux niveaux précédents offre davantage de marge si les profits continuent d’augmenter.

Saglimbene estime que les valorisations sont devenues plus attractives au cours des six dernières semaines.

L’association de multiples plus faibles et de bénéfices plus solides crée une situation plus équilibrée.

Les prochains gains dépendront probablement davantage de la réalisation des profits que d’une nouvelle expansion des valorisations.

Les rendements obligataires restent le principal risque

La hausse des rendements du Trésor pourrait affaiblir les perspectives favorables.

Le rendement des obligations américaines à dix ans a atteint la semaine précédente son niveau le plus élevé depuis janvier 2025.

Des rendements plus élevés créent davantage de concurrence pour les actions, puisque les investisseurs peuvent obtenir de meilleurs retours sur les titres publics.

Ils augmentent également les coûts d’emprunt des ménages et des entreprises.

Un crédit plus coûteux peut ralentir les dépenses, l’investissement, la croissance et finalement les bénéfices.

Le rendement à dix ans est ensuite revenu à 4,63 %, grâce à la baisse du pétrole et à l’apaisement des tensions au Moyen-Orient.

La baisse du pétrole pourrait limiter les rendements

Un pétrole repassé sous 80 dollars le baril pourrait empêcher les rendements obligataires de remonter trop fortement.

Des coûts énergétiques plus faibles réduisent les pressions inflationnistes et peuvent limiter le besoin d’un nouveau resserrement monétaire.

Angelo Kourkafas, stratège mondial senior chez Edward Jones, estime que le recul du pétrole pourrait contenir la hausse des rendements.

Il a néanmoins indiqué qu’un apaisement plus important serait nécessaire pour permettre une progression significative des valorisations.

La prochaine phase du marché pourrait donc dépendre de l’interaction entre pétrole, inflation et obligations.

Si le pétrole reste bas et les rendements se stabilisent, les bénéfices pourraient continuer à soutenir les actions.

Une période saisonnière difficile approche

Le marché entre dans une période historiquement délicate.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, le S&P 500 a affiché des rendements moyens négatifs en août et septembre pendant les années d’élections de mi-mandat, selon CFRA.

Les élections de novembre détermineront quel parti contrôlera le Congrès.

L’incertitude politique peut modifier les attentes concernant les impôts, la réglementation, les dépenses et la politique économique.

Les tendances saisonnières ne garantissent pas une baisse, mais elles peuvent inciter les investisseurs à devenir plus prudents après une forte progression.

Le sentiment autour de l’IA peut changer rapidement

Un autre risque concerne la rapidité avec laquelle les récits de marché liés à l’intelligence artificielle peuvent s’inverser.

L’enthousiasme a soutenu les valeurs technologiques et encouragé des investissements massifs.

Des inquiétudes concernant un surinvestissement, de faibles rendements ou un ralentissement de la demande peuvent toutefois déclencher des ventes rapides.

Marta Norton, stratège en chef chez Empower, a averti que les changements de sentiment autour de l’IA pouvaient être très importants.

La récente correction des semi-conducteurs a déjà montré à quelle vitesse un thème devenu trop populaire pouvait perdre de la dynamique.

Ce que les investisseurs doivent surveiller

Le premier facteur sera l’évolution des prévisions de bénéfices pour les troisième et quatrième trimestres.

Le deuxième sera le maintien des investissements par les grandes entreprises technologiques et cloud.

Les investisseurs suivront également la stabilisation des semi-conducteurs après leur correction.

Les rendements obligataires resteront un risque central, surtout si les inquiétudes inflationnistes réapparaissent ou si le pétrole remonte.

La volatilité saisonnière et l’incertitude liée aux élections de novembre seront également importantes.

Enfin, l’élargissement de la croissance des bénéfices déterminera si la hausse peut dépasser les grandes capitalisations technologiques.

Conclusion

Le S&P 500 a atteint un nouveau record grâce à des bénéfices supérieurs aux attentes, à la poursuite des investissements dans l’IA et à l’apaisement des tensions géopolitiques.

Les bénéfices ajustés du deuxième trimestre devraient progresser de 31,1 %, tandis que ceux du secteur technologique pourraient augmenter de 72 %.

Dans le même temps, le ratio cours-bénéfice prévisionnel de l’indice a diminué à 20,4, contre 22,2 à la fin de 2025.

Point clé final

La solidité des bénéfices et les rendements générés par les investissements dans l’IA pourraient prolonger la hausse des actions américaines. Le principal risque reste une nouvelle progression des rendements obligataires, tandis que la saisonnalité, les élections et les changements rapides de sentiment autour de l’IA peuvent accroître la volatilité.

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