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L’or et l’argent stoppent leur série de pertes, mais la pression reste présente

L’or et l’argent stoppent quatre séances de baisse

L’or et l’argent ont clôturé en hausse mercredi, mettant fin à une série de quatre séances consécutives de baisse. Le rebond a offert un léger répit aux métaux précieux après plusieurs jours de pression, mais les analystes restent prudents quant à la solidité du mouvement.

Les contrats à terme sur l’or en première échéance ont terminé en hausse de 1 %, à 4 030,50 dollars l’once. L’argent a gagné 0,5 %, clôturant à 58,348 dollars l’once. Le mouvement montre que les acheteurs sont revenus sur les métaux précieux après une période de faiblesse, mais il ne confirme pas encore un retournement durable.

Selon Hamad Hussain de Capital Economics, l’or pourrait encore avoir de la marge à la baisse. L’analyste ne considère pas le seuil des 4 000 dollars comme un plancher certain et estime que le marché pourrait encore éliminer une partie de l’excès spéculatif accumulé pendant la hausse précédente.

Un rebond après quatre séances difficiles

La hausse de mercredi marque une pause dans la pression vendeuse récente. Après quatre séances de baisse, l’or et l’argent ont bénéficié d’un mouvement de stabilisation, probablement alimenté par des rachats techniques, des prises de bénéfices sur positions vendeuses et une recherche de points d’entrée après le recul des prix.

Ce type de rebond est fréquent après une séquence de baisse rapide. Les traders de court terme peuvent considérer que le marché devient survendu, tandis que certains investisseurs reviennent sur les métaux précieux pour se protéger contre l’incertitude macroéconomique.

Cependant, un rebond d’une séance ne suffit pas à modifier la tendance. Pour que l’or et l’argent reconstruisent une dynamique plus solide, il faudra une confirmation sur plusieurs séances, avec des volumes plus convaincants et une amélioration du contexte macro.

Le marché reste donc dans une phase d’observation. La hausse de mercredi réduit la pression immédiate, mais ne supprime pas les risques.

L’or reste proche d’un niveau psychologique majeur

Le niveau des 4 000 dollars l’once reste central pour l’or. Même si le contrat de première échéance a clôturé à 4 030,50 dollars, le marché reste proche d’une zone psychologique importante.

Un passage sous 4 000 dollars pourrait renforcer le sentiment négatif, surtout si les vendeurs y voient la preuve que le métal jaune n’a pas encore trouvé de support durable. À l’inverse, une stabilisation au-dessus de ce seuil pourrait rassurer les acheteurs à court terme.

Mais Hamad Hussain estime que 4 000 dollars ne représente pas nécessairement le point bas du marché. Selon lui, l’or pourrait encore subir une purge spéculative. Cette lecture suggère que la hausse récente du métal jaune a peut-être attiré trop de positions tactiques ou spéculatives, qui pourraient encore être réduites.

Le marché doit donc déterminer si le rebond est soutenu par une demande réelle ou seulement par un ajustement technique après la baisse.

L’excès spéculatif reste un risque

L’un des points clés de l’analyse de Capital Economics est la possibilité que davantage d’excès spéculatif soit retiré du marché de l’or. Lorsque les prix montent rapidement, les investisseurs spéculatifs peuvent s’accumuler, attirés par le momentum. Mais si les conditions changent, ces positions peuvent se dénouer rapidement.

Une liquidation spéculative peut accentuer la baisse, même si les fondamentaux de long terme restent favorables. Les traders qui avaient acheté pour suivre la tendance peuvent vendre dès que le momentum ralentit, créant une pression supplémentaire.

Dans le cas de l’or, la question est de savoir si les investisseurs continuent de le voir comme un actif prioritaire ou s’ils préfèrent d’autres segments plus dynamiques du marché.

Selon Hussain, les actions liées à l’intelligence artificielle et à la technologie restent les actifs préférés des spéculateurs à la recherche de performance. Cette préférence pourrait limiter les flux vers l’or, même dans un contexte d’incertitude.

Les actions IA et technologie attirent toujours les capitaux

Le marché des métaux précieux doit composer avec la concurrence des actions technologiques, notamment celles liées à l’intelligence artificielle. Ces secteurs continuent d’attirer des capitaux spéculatifs, car ils offrent une narrative de croissance plus forte et un potentiel de rendement perçu comme plus élevé.

Pour les investisseurs tactiques, l’or peut sembler moins attractif lorsque les valeurs technologiques progressent fortement. Le métal jaune ne génère pas de rendement, ne verse pas de dividende et dépend largement des attentes de taux, du dollar, de l’inflation et de la demande de refuge.

Lorsque les marchés actions offrent de fortes opportunités de performance, une partie du capital spéculatif peut délaisser les métaux précieux. Cela réduit le soutien acheteur dont l’or pourrait bénéficier après une phase de baisse.

Cette rotation vers la technologie est donc un obstacle pour une reprise durable de l’or, surtout si la Fed reste restrictive.

La Fed hawkish limite le potentiel de l’or

Un autre facteur de pression vient de la Réserve fédérale américaine. Le marché anticipe une Fed dirigée par Kevin Warsh toujours ferme sur les taux d’intérêt. Un environnement de taux élevés est généralement défavorable à l’or.

L’or ne produit pas de revenu. Lorsque les rendements obligataires augmentent ou restent élevés, le coût d’opportunité de détenir de l’or progresse. Les investisseurs peuvent alors préférer des actifs offrant un rendement, comme les bons du Trésor.

Une Fed hawkish peut aussi soutenir le dollar, ce qui pèse sur les métaux précieux libellés en dollars. Un dollar plus fort rend l’or et l’argent plus chers pour les acheteurs utilisant d’autres devises.

Tant que les attentes de taux restent élevées, le potentiel de hausse de l’or peut rester limité, même si des rebonds techniques apparaissent.

L’argent suit l’or, mais avec sa propre dynamique

L’argent a également terminé en hausse, gagnant 0,5 % à 58,348 dollars l’once. Comme souvent, il a suivi la direction de l’or, mais sa dynamique reste différente.

L’argent est à la fois un métal précieux et un métal industriel. Il peut bénéficier de la demande de refuge lorsque les investisseurs recherchent des actifs défensifs, mais il réagit aussi aux perspectives de croissance industrielle, à la demande solaire, à l’électronique et aux cycles manufacturiers.

Cette double nature peut rendre l’argent plus volatil. Lorsque le sentiment sur les métaux précieux s’améliore, il peut progresser rapidement. Mais si les investisseurs craignent un ralentissement économique ou une baisse de la demande industrielle, l’argent peut aussi être plus vulnérable.

Le rebond de mercredi est donc positif, mais il devra être confirmé par une amélioration plus large du sentiment sur les métaux et sur la demande industrielle.

Pourquoi la hausse ne confirme pas encore un retournement

Le principal point à retenir est que la hausse de mercredi est un rebond, pas encore un retournement confirmé. L’or et l’argent ont stoppé leur série de pertes, mais les facteurs qui ont pesé sur le marché restent présents.

La concurrence des actions IA et technologie, la perspective d’une Fed restrictive, les rendements élevés et le risque de liquidation spéculative continuent de limiter le potentiel des métaux précieux.

Pour confirmer un retournement, l’or devrait non seulement rester au-dessus de 4 000 dollars, mais aussi reconquérir des niveaux de résistance plus élevés avec des flux acheteurs plus solides. L’argent devrait également montrer que la demande reste ferme au-delà d’un simple rebond technique.

Sans cette confirmation, les vendeurs pourraient revenir rapidement si les conditions macroéconomiques se durcissent ou si le dollar repart à la hausse.

Ce que les traders doivent surveiller

Le premier niveau à surveiller est le seuil des 4 000 dollars sur l’or. Une stabilisation durable au-dessus de ce niveau renforcerait la confiance des acheteurs, tandis qu’une cassure nette pourrait relancer la pression vendeuse.

Le deuxième facteur est la politique monétaire américaine. Les commentaires de la Fed, les données d’inflation et l’évolution des rendements obligataires resteront essentiels pour les métaux précieux.

Le troisième élément est le comportement du dollar. Un dollar plus fort pourrait peser sur l’or et l’argent, tandis qu’un repli de la devise américaine pourrait soutenir les prix.

Le quatrième point concerne les flux spéculatifs. Si les investisseurs continuent de privilégier les actions IA et technologie, l’or pourrait manquer de soutien.

Enfin, les traders doivent surveiller la capacité de l’argent à confirmer la reprise. Une hausse synchronisée de l’or et de l’argent serait plus constructive qu’un rebond isolé.

Conclusion

L’or et l’argent ont clôturé en hausse mercredi, mettant fin à une série de quatre séances de baisse. L’or en première échéance a gagné 1 % pour terminer à 4 030,50 dollars l’once, tandis que l’argent a progressé de 0,5 % à 58,348 dollars l’once.

Malgré ce rebond, les analystes restent prudents. Capital Economics estime que l’or pourrait encore reculer et que le seuil des 4 000 dollars ne constitue pas nécessairement un plancher. La préférence des spéculateurs pour les actions liées à l’intelligence artificielle et à la technologie, ainsi que la perspective d’une Fed toujours restrictive, continuent de limiter le potentiel des métaux précieux.

Dernier point à retenir

La hausse de l’or et de l’argent met fin à une série négative, mais elle ne confirme pas encore une reprise durable. Tant que l’or reste proche de 4 000 dollars et que les taux américains demeurent élevés, le marché restera vulnérable. Pour que le rebond gagne en crédibilité, les métaux précieux devront attirer des flux acheteurs plus solides et résister à la concurrence des actifs technologiques.

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